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Nature / Environnement / Santé – Lundi, 6 juillet 

L’eau, le savoir et le pouvoir dans l’illustration scientifique et technique à l’époque de la Révolution industrielle

L’eau, le savoir et le pouvoir dans l’illustration scientifique et technique à l’époque de la Révolution industrielle

Présidentes de séance : Christina Ionescu (Université Mount Allison, Canada) & Ann Lewis (Birkbeck, Université de Londres, GB)


===Lorsque l’homme affronte la mécanisation et la modernisation à l’époque de la Révolution industrielle (entre les années 1760 et 1840), l’eau sort de l’arrière-plan pour devenir un élément clé de l’illustration scientifique et technique. Des inventions technologiques qui font appel à l’usage de l’eau, à l’instar des machines à vapeur stationnaires et du métier à filer, sont bien exposées et expliquées méticuleusement dans les encyclopédies, dans les magazines et dans les traités spécialisés. Par le biais de l’observation empirique, les scientifiques professionnels tout comme les amateurs prêtent attention aux phénomènes naturels tels que les geysers, les chutes d’eau, les stalagmites et les stalactites, en documentant souvent leurs découvertes non seulement par des moyens textuels conventionnels mais aussi par des voies picturales inventives. À une époque où le manque d’eau entraîne la propagation de la mort et la transmission des maladies dans des villes surpeuplées comme la Londres de Hogarth, le bain dans les piscines thermales ou le contact avec l’eau de mer, vivement recommandés dans les ouvrages médicaux, sont perçus comme ayant une influence positive sur la santé et sur le processus de guérison. Et les estampes qui représentent le culte ancestral de l’eau, les points d’eau et les structures construites pour contenir ou manipuler la circulation de l’eau minérale prolifèrent en Europe, ce qui n’est pas surprenant.
===Cette séance vise à offrir une perspective nouvelle et vaste sur le pouvoir de l’eau par rapport au savoir, à l’innovation et à l’identité collective à l’époque de la Révolution industrielle en interrogeant les représentations parallèles et interconnectés de cet élément fondamental dans le texte et ses illustrations. Des exemples verbaux et visuels impliquant l’eau – sa matérialité, sa représentation, ses usages et sa valeur – au cours de cette période historique transformatrice peuvent être sélectionnés parmi des champs divers d’ordre scientifique et technique, y compris la pêche à la ligne, l’architecture, la botanique, l’art des jardins, la géologie, l’horticulture, l’hydraulique, l’histoire naturelle et la médecine. Les propositions qui traitent des rapports texte-image moyennant les thèmes suivants sont particulièrement bienvenues : l’architecture et l’art des jardins comme lien entre l’eau, l’espace, l’emplacement et l’identité ; les rapports, par l’intermédiaire de l’eau, entre les êtres humains et l’environnement ; et l’eau comme agent de guérison, source de vie et force de la nature.

Water, Knowledge, and Agency in Scientific and Technical Illustration from the Age of the Industrial Revolution

Chairs: Christina Ionescu (Mount Allison University, Canada) & Ann Lewis (Birkbeck, University of London, UK)


===As humans grappled with mechanisation and modernisation in the Age of the Industrial Revolution (1760s to 1840s), water emerged from the background to become a key element in scientific and technical illustration. Technological innovations relying on the use of water, such as the stationary steam engine and the spinning frame, were prominently displayed and meticulously explained in encyclopedias, periodicals, and specialised treatises. Through empirical observation, both professional and amateur scientists lavished attention on natural phenomena such as geysers, waterfalls, and stalagmites and stalactites, often documenting their findings not only by conventional textual means but also inventive pictorial ones. At a time when the lack of water facilitated the spread of death and disease in overcrowded cities such as Hogarth’s London, bathing in thermal pools or exposure to seawater, which were strongly advocated in medical literature, were perceived by the wealthy as beneficial to health and healing. And, not surprisingly, prints depicting the age-old cult of water, “watering-places,” and structures designed to contain or manipulate the flow of mineral water proliferated throughout Europe.
===This session seeks to offer a fresh, wide-ranging perspective on the agency of water in relation to knowledge, innovation, and collective identity during the Age of the Industrial Revolution by investigating parallel and interconnected representations of this fundamental element in text and illustration. Examples of verbal and visual engagements with water – its materiality, depiction, use, and value – during this transformative historical period may be selected from a diverse range of scientific and technical fields, including angling, architecture, botany, garden design, geology, horticulture, hydraulics, natural history, and medicine. Proposals addressing word and image interaction through the following topics are particularly welcome: architecture and landscape design as a nexus of water, space, place, and identity; connections through water between humans and the environment; and water as a healing agent, source of life, and force of nature.

Imaginaires maritimes et régionalismes côtiers dans le texte et l’image (L’Arc Atlantique Nord)

Imaginaires maritimes et régionalismes côtiers dans le texte et l’image (L’Arc Atlantique Nord)

Présidentes de séance : Camille Manfredi (Université de Nantes, France) & Kimberley Page-Jones (Université de Brest, France)


===Cet atelier s’intéressera à l’émergence d’imaginaires maritimes régionaux et au rôle que jouent ces derniers dans l’invention ou la réinvention des identités côtières régionales dans l’Arc Atlantique Nord, dans un contexte marqué par la montée des régionalismes européens. Il s’agira d’examiner les stratégies verbovisuelles d’artistes, autorités locales et activistes issus de régions maritimes telles que la Bretagne, l’Ecosse, l’Irlande, le pays de Galles, les fjords de l’Ouest de l’Islande etc. pour (se) représenter, revisiter et désidéaliser paysages côtiers et patrimoine culturel maritime au moyen de dispositifs inter- ou pluri-médiaux engageant le texte, l’image et, le cas échéant, le son. L’accent sera mis sur la façon dont ces représentations permettent aux populations locales de se valoriser en tant que communautés et de reconfigurer leur image entre tradition et innovation en conciliant les paradigmes identitaires portés d’une part par le régionalisme et de l’autre par la mondialisation.
===L’atelier accueillera des contributions portant sur le mode opératoire de dispositifs intermédiaux promotionnels et/ou artistiques (photo-textes, film-poèmes, etc.), dans le but d’identifier la façon dont le dialogue ou le trialogue entre image, texte et contexte envisage la mer non plus seulement comme une ressource, mais également comme un réservoir de pratiques et d’affirmations culturelles. Les axes suivants pourront ainsi être explorés (liste non exhaustive) :

-mer et régionalisme dans les photo-textes, film-poèmes et dispositifs promotionnels
-mer, courants, vagues et marées dans le texte-image : du sentiment d’appartenance au dialogue entre identités nationales et régionales
-ré-esthétisation des techniques de pêche traditionnelles dans le texte et l’image
-représentation des eaux régionales dans le texte et l’image : entre anthropocentrisme et écocentrisme ; nature et culture ; terre et mer, paysage et architecture ; régionalisme et mondialisation
-(se) représenter les identités côtières régionales : un enjeu politique ?
-mer, régionalisme et la réinvention d’un « présent permanent » (Hartog, 2003).

Re-Viewing, Re-Imagining Regional Waters in Word and Image (Northern Atlantic Arc)

Chairs: Camille Manfredi (University of Nantes, France) & Kimberley Page-Jones (University of Brest, France)


===In a context marked by the revival of European regionalisms, this panel will examine the emergence of local sea imaginaries and discourses as well as the part these play in constructing or reconstructing regional maritime identities in the Northern regions of the Atlantic Arc.  It will focus on the verbovisual strategies developed by artists, local authorities and activists from the peripheral maritime regions of the Northern Atlantic Arc (Brittany, Scotland, Ireland, Wales, the West Fjords of Iceland…) in order to re-view, re-claim and de-idealize their coastal landscapes and maritime cultural heritage. Of special interest will be the representation of regional waters as a means of re-empowering local communities and re-imagining a sensus communis gathered around the need for a reconfiguration of both traditional and non-traditional, local and global paradigms of identity.
===The panel will welcome contributions that tackle the modus operandi of intermedial apparatuses and cross-media practices such as photo-texts, film-poems, video-literature and promotional posters, focusing on how the constant negotiation between images, texts and contexts can help us rethink our relationship to the sea as local resource and cultural practice. Contributors may for instance address the following issues:

-regional waters in photo-texts, film-poems and promotional apparatuses;
-the sea, its currents, waves and tides in words and images as a means of rethinking our experience and sense of place, reviving regional cultures and reconfiguring the relationship between national and subnational identities;
-the re-aestheticization of traditional fishing techniques in word and image;
-anthropocentric vs. ecocentric representations of regional waters in word and image;
-writing and imaging regional waters, coastal areas and beaches as aesthetic and political process, as a means of challenging binary oppositions such as nature/culture, land/sea, landscape/architecture, localism/globalization…
-the regional waters in word and image as reinvention of “the permanent present” (Hartog, 2003).

Frontières fluides : l’eau comme métaphore et matière

Frontières fluides : l’eau comme métaphore et matière

Présidente de séance : Ila Nicole Sheren (Université de Washington in St. Louis, États-Unis)


===L’eau est une métaphore très répandue des frontières et, paradoxalement, à la fois de leur effacement. Pensons aux séquelles de l’ouragan Katrina de la Nouvelle-Orléans en 2005, qui a exacerbé les inégalités structurelles et les divisions urbaines plutôt que de les aplanir. Ou pensons à la question des eaux sacrées polluées telles que le Gange, la Yamuna, le Jourdain ou le Nil : conçues comme intrinsèquement pures, mais néanmoins souillés par des déchets urbains et des effluents industriels. Dans ces cas, l’eau signe en même temps une ligne de démarcation et un point de contact entre le spirituel et le profane. Dans l’art et la littérature romantique, la mer est interprétée comme une limite entre l’humain et le sublime, nature impitoyable. Or l’on voit que les océans du 21ième siècle sont colonisés par le micro-plastique, le plus banal des déchets humains. De tels exemples sont éloquents du fait que l’eau, sous forme d’océan, de rivières, de bassins hydrologiques ou autres dispositifs, est matériellement et discursivement constitué (dans les termes de Karen Barad : entrelacé).
===Cet atelier accueille des propositions de chercheurs, artistes et écrivains qui interrogent des questions ontologiques posées par l’eau comme limite, entre autres les suivantes : Les arts visuels peuvent-ils rendre compte et refaçonner ces cadres discursifs ? Comment réaliser un tableau exhaustif de la complexité de l’eau, dans les mots, dans les images, ou les deux ? Et comment l’eau nous permettrait-elle d’appréhender les effets moins tangibles de la colonialité, de l’inégalité globale ou des éco-critiques comme la « violence lente (slow violence) » de Rob Nixon ?

Fluid Boundaries: Water as Metaphor and Material

Chair: Ila Nicole Sheren (Washington University in St. Louis, USA)


===Water has been a pervasive metaphor for boundaries and paradoxically, their erasure altogether. Think of the aftereffects of 2005’s Hurricane Katrina in New Orleans, which exacerbated structural inequalities and urban divisions rather than leveling them. Or consider the question of polluted sacred waters such as the Ganges, Yamuna, Jordan, or Nile: conceived of as inherently pure, while nonetheless choked by urban waste and industrial effluents. In those cases, water marks both a dividing line and point of contact between the spiritual and the profane. In Romantic art and literature, the sea is construed as a boundary between the human and a sublime, unforgiving nature. Yet we find that 21st century oceans are instead colonized by microplastics: that most banal of human detritus. Such examples speak to how water, whether in the form of ocean, sea, rivers, watersheds, or other bodies, is both materially and discursively constituted (or in Karen Barad’s term: entangled).
===This panel seeks submissions from scholars, artists, and writers that interrogate the ontological questions posed by water as- boundary, not limited to the following: How can visual art account for and complicate these discursive frameworks? What would constitute a comprehensive depiction of the complexity of water, in word, image, or both? And how might water allow us to grasp the less tangible effects of coloniality, global inequity, or eco-critiques such as Rob Nixon’s “slow violence?”

Représenter la fin du monde : il est temps d’ouvrir les yeux

Représenter la fin du monde : il est temps d’ouvrir les yeux

Président de séance : Stephen Burt (Université de la Nouvelle-Angleterre, États-Unis)


===Au fil des siècles, les artistes ont essayé de représenter un monde sur lequel les forces de la nature se seraient déchaînées dans toute leur fureur. Léonard de Vinci s’y est employé dans une série d’œuvres exécutées dans les dernières années de sa vie en France (vers 1517-18). De même, Albrecht Dürer a exploré des visions cataclysmiques dans sa série Apocalypse (1498) mais également dans une aquarelle énigmatique de 1525 représentant un déluge rêvé.  Cette session se propose, d’une part, de retracer l’histoire des images qui mettent en scène la fin du monde : déluges, raz de marée et autres cataclysmes ; de l’autre, elle compte faire le point sur la recherche consacrée à la figuration récente ou moins récente de catastrophes naturelles qui provoquent des altérations de notre environnement.
===Comment le désastre est-il esthétisé afin d’interpeller et non de repousser le spectateur ? Comment une mutation lente est-elle condensée dans une seule image cohérente ou dans une série d’images ? Dans l’ensemble, il nous semble que notre espèce soit incapable de se projeter dans un avenir lointain, de conceptualiser les forces à l’œuvre dans notre vie quotidienne. Nous sommes conscients des jours de grande chaleur ou du manque de précipitations sur une saison, mais nous échouons à recenser les plus petites fluctuations de températures ou de saisons qui pourraient avoir des effets dévastateurs sur nos écosystèmes.
===Les arts visuels permettent aux artistes de sonder des angoisses collectives ou individuelles à l’égard de la fin du monde. Pour nombre d’artistes contemporains, cette angoisse concerne le changement climatique.  Les artistes peuvent-ils rendre visible ce qui reste d’ordinaire inaperçu sans avoir à convoquer la complexité des sciences physiques impliquées ? La question que cette session soulève est la suivante : les productions artistiques, quel que soit le média, peuvent-elles transmettre la gravité d’un monde au bord du désastre ?

Picturing the End of the World: It’s Time to Pay Attention

Chair: Stephen Burt (University of New England, USA)


===Artists have, for centuries, tried to visualize what the forces of nature unleashed upon the world with full existential fury would look like. Leonardo da Vinci famously did so in a series of drawings c. 1517-18 executed in the last years of his life in France. Similarly, Albrecht Dürer explored cataclysmic visions in his Apocalypse series (1498) but also in an enigmatic watercolor image from 1525 picturing a dreamed deluge. This session will highlight some of the history of images of cataclysmic floods and other vast destruction—which picture the end of the world. And it will explore research that has led to a large body of historic and contemporary work: the visualization of the catastrophic alterations to our environment.
===How does one aestheticize disaster to compel and not repel the viewer? How does one manifest change that would normally occur over many years into a single coherent image or series of images? Overall, it seems we are unable as a species to see the long view, to conceptualize the forces of change at work in our daily life. We might notice the hot days, or even remark how little or much it rained over a season, but still fail to notice the more subtle shifts of temperature and seasons that can have devastating effects on ecosystems.
===The visual arts allow artists the liberty to explore communal and personal anxieties about the end of the world. For many contemporary artists that anxiety is about climate change. Can artists make visual that which cannot usually be seen and to do so without having to illustrate the vast complexities of the physical science involved? The question this session will seek to answer is: Can the inventions of art in any media convey the gravity of worlds on the cusp of disaster?

Le septième art explore le septième continent : nouveau miroir de notre devenir

Le septième art explore le septième continent : nouveau miroir de notre devenir

Président de séance : Thierry Azzopardi (PhD Sorbonne, Metteur en scène, Nice, France)


===Le cinéma a largement exploité l’imaginaire de l’élément aquatique. Le cinéma lui-même ne tire-t-il pas son secret d’une « mécanique des fluides », un enchaînement logique ou mystique de photogrammes ? Les abysses de l’eau renvoient souvent aux mystères insondables de l’âme humaine. D’autres préfèrent croire que l’eau est un lieu encore inconnu peuplé de monstres incroyables (Le Loch Ness), de cités parfois (L’Atlantide). Si on regarde de plus près, l’eau et le cinéma entretiennent une relation étroite, comme un jeu de miroir sociétal. L’eau, nécessaire à Narcisse pour se trouver beau, renvoie souvent avec le septième art à notre inconscient collectif. En témoigne ce très bel ouvrage d’Éric Thouvenel sur Les images de l’eau dans le cinéma français des années 20. Epoque où l’imaginaire aquatique projette la fête des sens et la glorification de l’image mouvement qui en rend compte.
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Aujourd’hui, le cinéma à travers l’eau, s’il entretient avec nous, spectateurs, un lien sacré, est le grand révélateur de nos psychoses. La peur de l’eau. La peur d’en manquer. La peur de la polluer. Ce liquide aussi important que notre sang nous pose des questions. Guillermo Del Toro, en 2017, dans « La forme de l’eau » en fait le symbole du refus de la différence. Créature sortie des eaux, elle sera condamnée parce qu’elle vient d’ailleurs. L’eau qui rapproche parfois les individus (Bain de rêve, bain de Mer) peut aussi les éloigner (Les eaux territoriales). La pauvre Bess dans « Breaking the Waves » de Lars Von Trier prend l’eau (littéralement, symboliquement) par un terrible bateau qui l’emmène au sacrifice suprême.
===Aujourd’hui le thème de l’eau est le topos de toutes nos inquiétudes. Selon Greenpeace, un million d’oiseaux et 100.000 mammifères marins meurent chaque année à cause de l’indigestion de plastique ou des produits chimiques. Le plastique fait 1,5 million de morts par an. La mer est concernée, puisque 75% des déchets marins seraient liés au plastique.L’eau est aussi le lieu de la migration avec des milliers de personnes qui se noient pour traverser la Méditerranée.
===Cette session aura donc pour vocation de lier le septième art avec ce qu’on a appelé en 1997 le 7ème continent. Une zone immense de déchets plastiques flottants, notamment de micro-plastiques invisibles à l’œil nu. Un continent qui mesure six fois la France. Ce continent nous interpelle sur les enjeux d’une relation pacifique entre l’eau et l’homme. On conservera cette nomination pour un continent symbolique qui résume toutes nos inquiétudes écologiques en relation avec l’eau.
===Nous considérons donc dans cette session les films qui développent une réflexion sur le rapport entre l’homme et l’eau dans une perspective écologique mais aussi fantasmée (films d’anticipation, utopies, dystopies).

The Seventh Art Explores the Seventh Continent: New Mirror of Our Future

Chair: Thierry Azzopardi (PhD Sorbonne, Metteur en scène, Nice, France)


===Cinema has largely addressed the imaginary of the aquatic element. Can’t we say that cinema itself draws its secret from the “mechanics of fluids”, a logical or mystic string of photograms? The abysses of the sea refer to the inscrutable mysteries of human soul. Others prefer thinking that water is a still unknown place populated by incredible monsters (the Loch Ness), or even cities (Atlantis). If we take a closer look, water and cinema have an intimate relation, as a societal game of mirrors.  Water, necessary to Narcisse to admire himself, echoes often in the Seventh Art to with our collective unconscious. Example of that is the crucial work by Éric Thouvenel about Water images in French cinema of the 1920s. Era, where the aquatic imaginary celebrates the senses and glorifies the moving image accounting for it.
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Today, water movies, if they maintain a sacred link with the beholder, are a big catalyser of his psychoses. The fear of water, the fear of lacking water, the fear of polluting. This liquid as important as our blood, triggers us. Guillermo Del Toro, in The Shape of Water (2017) turns it into a symbol of erasing differences. A creature emerging from the waters is condemned because coming from elsewhere. Water sometimes brings people together (dream bathing or sea bathing) but can also drive them away (territorial waters). The poor Bess of Lars von Trier’s Breaking the Waves takes (literally, symbolically) on water in a terrible boat which leads her to the supreme sacrifice.
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Today, the theme of water is also the topos of all our anxieties. According to Greenpeace, a million of sea birds and 100.000 marine mammals die every year due to plastic or chemical ingestion. Plastic is responsible for 1,5 million deaths every year. The sea is concerned since 75% of maritime waste seems to be related to plastic. Water is also the element where migration takes place with thousands of persons drowned while crossing the Mediterranean.
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This panel aims at linking the Seventh Art with what has been called in 1997 the Seventh Continent. An immense zone of floating plastic garbage, especially microplastic invisible to the naked eye. A continent six times bigger than France. This continent draws our attention and challenges the pacific relation between water and man. This name will keep on referring to a symbolic continent that epitomizes all our ecological worries in relation to waste.
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This panel considers thus the movies that discuss the relation between man and water in a sustainable perspective, but also in a fantasized one (science fiction movies, utopias, dystopias).  

L’eau vectrice d’image : dépasser l’insaisissable

 L’eau vectrice d’image : dépasser l’insaisissable

Présidents de séance : Mathieu Gimenez  (École navale, Brest-Lanvéoc, France)


===Représenter l’eau met à l’épreuve : de la vague au torrent, en passant par son rapport fractal aux côtes, plages et méandres, l’eau change d’état, de forme et de comportement. Avec elle changent les mots, les techniques et sensibilités qui la figurent. Cela entraîne une profonde modification du cadre épistémologique et un défi esthétique forçant la créativité. Ainsi, l’eau et la mer, figurées par les textes, images et cartes constituent également un formidable réflecteur de l’espace intérieur, confinant au territoire tant il est propre à chacun. Instable, inconnu ou parcouru par tous, romantique ou rassurant, source de tension comme de stase de l’image, il n’y a pas qu’une métaphore de l’eau.
===Ce questionnement interdisciplinaire vise à présenter des travaux épistémologiques de jeunes chercheurs en littérature, géographie et histoire.

Water Carrier of Images: How to Surpass the Uncatchable

Chairs: Mathieu Gimenez (Naval Academy, Brest-Lanvéoc, France)


===Representing water is indeed a demanding task: from the wave until the torrent, through its fractal relation to shores, beaches and meanders, water changes state, form, and behaviour. With water, the words change, but also the techniques and sensibilities that feature it. This entails a fundamental epistemological shift and an aesthetic challenge forcing creativity. Hence, water and sea, figured by texts, images and maps constitute also a phenomenal reflector of internal space, and bordering on territory, since it is specific to each of us. Instable, unknown and covered by all, romantic and comforting, source of tension or fixity, there is no unique metaphor of water.
===This interdisciplinary questioning aims at presenting epistemological thoughts of young scholars in literature, geography and history.

Histoire / Philosophie / Religion – Mardi, 7 juillet 

Au gré de l’eau : textes et images

Au gré de l’eau : textes et images

Présidente de séance : Sanda Badescu (Université de l’Île-du-Prince-Édouard, Canada)


===L’image créée par Jean de La Fontaine comparant le torrent bruyant et tempétueux à la rivière paisible nous renvoie certainement aux subtilités observables du caractère humain : l’apparence s’oppose ou même nie l’essence comme semble bien nous le suggérer le fabuliste.  L’eau tranquille, qu’elle soit la mer calme ou le lac serein qui invite au voyage physique, imaginaire ou spirituel, devient la métaphore non seulement d’un danger réel ou virtuel qui s’opposerait au voyage – danger d’autant plus traître qu’il est invisible – mais aussi de la profondeur de l’âme humaine ou de l’inconscient dont on peut lire des signes mais qu’on ne peut jamais complètement saisir. La profondeur de l’eau inspirant la crainte est présente dans une multitude de textes et nous n’avons qu’à feuilleter l’ouvrage de Jung pour découvrir que l’eau d’un lac sombre véhicule une atmosphère angoissante (unheimich comme dirait Freud) et constitue un des symboles les plus puissants de notre imaginaire. L’imaginaire qui hante et habite cette face cachée de l’eau trouve son écho dans les toiles d’un peintre de génie, Elstir, personnage de l’œuvre de Marcel Proust, pour qui les espaces occupés par la terre et par la mer se brouillent jusqu’à l’anamorphose, laissant entrevoir la tâche, ardue et nébuleuse, de l’artiste. Partir au gré de l’eau, c’est répondre à l’invitation au voyage et voguer tant à la surface que dans les profondeurs de l’âme humaine.
===Cette session accueillera des propositions qui mettent en valeur l’image de l’eau (torrent, rivière, lac ou mer) liée au mystère et à l’inconnu humain dans des domaines aussi variés que la littérature, la philosophie, la religion, la psychologie et les arts visuels.

At the Whim of Water: Texts and Images

Chair: Sanda Badescu (University of Prince Edward Island, Canada)


===In creating the image of the noisy and stormy stream compared to the peaceful river, Jean de la Fontaine proves to be a subtle observer of the human character: the appearance opposes or even denies essence as the fabulist seems to suggest. Still water, whether it is the serene sea or the unruffled lake that invites you to a physical, imaginary or spiritual journey, becomes the metaphor not only of a real or virtual danger that would stand in opposition to the journey – all the more treacherous because invisible – but also the depth of the human soul or the unconscious whose signs we can try to read but can never fully grasp. The depth of water inspiring fear is present in a multitude of texts and we have only to skim the surface of Jung’s works to discover that the water of a dark lake gives rise to a menacing atmosphere (unheimlich in Freud’s terms) and is one of the most powerful symbols of our imagination. The imaginary that digs and lives in the hidden face of water finds its echo in the art of an ingenious painter, Elstir, a character of In Search of the Lost Time by Marcel Proust, for whom the space occupied by the earth and by the sea blurs into a metamorphosis, revealing the arduous and nebulous task of the artist. To depart at the discretion of water is to respond to the invitation of the voyage and to sail both on the surface and in the depths of the human soul.
===This session welcomes proposals that highlight the image of water (torrent, river, lake or sea) related to the mystery and the unknown worlds of the human mind in various fields such as literature, philosophy, religion, psychology and visual arts.

La mer rouge : remédiation et transmédialité du récit

 

La mer rouge : remédiation et transmédialité du récit

Présidents de séance : Ângelo Cardita (Université Laval, Québec, Canada) & Bértold Salas Murillo (Université du Costa Rica, San José, Costa Rica)


===« Les eaux se fendirent, et les fils d’Israël pénétrèrent au milieu de la mer à pied sec » (Exode 14 : 21-22). La libération des Hébreux captifs des Égyptiens, racontée dans le livre de l’Exode, trouve dans la traversée de la mer Rouge une sorte de résumé épique, récit qui s’est constitué comme l’un des passages les plus marquants de l’Ancien Testament.
===Le récit biblique suggère de nombreuses images, susceptibles d’être intégrées dans plusieurs genres narratifs et médias. Sa reprise ne s’est pas limitée aux textes ou aux pratiques religieuses, mais elle a inspiré des représentations iconographiques ainsi que des mises en scène dramatiques et filmiques, et s’est prêtée à des interprétations symboliques, politiques, rituelles et historiques, centrées sur le rapport texte-image. Les différentes représentations inspirées de la traversée de la mer Rouge font partie d’une série de remédiations et transmédiations dans la mesure où elles impliquent des déplacements et réinterprétations d’un contenu d’un média à l’autre.
===L’objectif principal de cette session est de relire les transferts et les transformations du récit biblique. Plus concrètement, il entend se concentrer sur les différentes reprises de l’épisode, pour interroger la symbolique de la mer et sonder ses possibilités esthétiques, intermédiales et performatives. On invite les chercheuses et les chercheurs à revisiter ces récits et images dans les perspectives de la transmédialité et de la remédiation (Bolter & Grusin, Prior, Rajewsky, Klich, Chapple, Elleström, Rippl, Bay-Cheng, Oosterling).
===Cette analyse des matérialisations et appropriations du récit de la traversée de la mer Rouge peut mobiliser des domaines aussi divers que la littérature comparée, l’histoire de l’art et des religions, les études rituelles, bibliques, performatives, médiatiques ou les études de la culture visuelle, la théologie et les sciences religieuses, sans oublier l’archéologie.

The Red Sea: Remediation and Transmediality of the Narrative

Chairs: Ângelo Cardita (Laval University, Québec, Canada) & Bértold Salas Murillo (University of Costa Rica, San José, Costa Rica)


===« The waters were divided, and the Israelites went through the sea on dry ground” (Exodus 14: 21-22). The liberation of the Israelites from the bondage in Egypt, which is recounted in the Book of Exodus, finds a kind of epic recap in the crossing of the so-called Red Sea, i.e. a narrative that has been made into one of the most striking passages of the Old Testament.
===The biblical narrative is suggestive of numerous images, which may be incorporated into a wide range of narrative genres and means. Its reuse has not been limited only to the textual or religious levels, but it has also come to inspire iconographic representations as well as ritual and theatrical performances and movies, and has been used for symbolic, political, ritual and historical interpretations, which centered on the text-image relation. The various representations inspired by the crossing of the Red Sea are part of a series of remediations and transmediations insofar as they imply displacements and reinterpretations of contents from one media to another one.
===The chief purpose of this session is to revisit the transfers and transformations of the biblical narrative. More concretely, it aims to focus on the various reuses of the episode in order to question the symbolic meaning of the sea and to probe into its esthetical, intermedial and performative capabilities. Scholars are then invited to reconsider those narratives and images from the standpoint of transmediality and remediation (Bolter & Grusin, Prior, Rajewsky, Klich, Chapple, Elleström, Rippl, Bay-Cheng, Oosterling).
===This analysis of the materializations and appropriations of the narrative of the crossing of the Red Sea can draw an interest from such diverse fields as comparative literature, art history, religious history, ritual studies, biblical studies, performance studies, media and visual culture studies, theology and religious studies, as well as archeology

L’imaginaire biblique ou mythique de l’eau et de la mer

L’imaginaire biblique ou mythique de l’eau et de la mer

Président de séance : Daniel Laliberté (Luxembourg School of Religion & Society, Luxembourg)


===Depuis les récits cosmologiques juifs, où la création divine vient au jour par la séparation des eaux, jusqu’aux récits de l’Apocalypse, où l’Arbre de vie est enserré entre les deux bras du grand fleuve… Depuis les rituels d’ablution les plus anciens jusqu’au baptême de conversion opéré par Jean dans le Jourdain… Depuis la source sacrée du Zamzam à La Mecque jusqu’au vénéré Gange des hindous… « Toujours et partout », l’eau apparaît comme l’un des symboles religieux les plus universellement répandus. À cela, rien de surprenant, quand on considère le caractère absolument essentiel de cet élément pour toute forme de vie et, en conséquence, le potentiel de symbolisation dont elle est porteuse.
===Eaux de la vie, eaux de la mort, eaux du passage. Un colloque portant sur « l’eau et la mer dans les textes et les images » devait proposer un volet portant sur L’imaginaire biblique ou mythique de l’eau et de la mer.
L’atelier pourrait explorer les aspects suivants (propositions non exhaustives) :

-développer une dimension historique et philosophique sur l’universalité de cette matière symbolique ;
-explorer le déploiement de la symbolique de l’eau dans certains grands textes sacrés ;
-partir de cette symbolique universelle pour s’interroger sur les conséquences de la modernité et de la sécularisation sur le recours au langage symbolique, notamment quand les codes sous-jacents à ce langage sont devenus évanescents ;
-prendre en compte les conséquences de cette « symbolique de l’eau » sur quelques enjeux éthiques majeurs liés à la gestion de cet élément (droit universel à l’eau, réchauffements climatiques, etc.).

The Biblical or Mythical Imaginary of Water and Sea

Chair: Daniel Laliberté (Luxembourg School of Religion & Society, Luxembourg)


===From the Jewish cosmological narratives, where the divine creation comes to light through the separation of the waters, down to the Revelation narratives, where the Tree of life is embraced by the two arms of the great river… From the oldest ablution rituals, down to John’s baptism of conversion in the Jordan river… From the sacred spring of Zamzam in Mecca, down to the venerated Ganges of the Hindus… « Always and everywhere », water appears to be one of the most widely spread religious symbols. This is not surprising, considering the very essential nature of this element for every form of life and, thus, the potential for symbolization it carries.
===Waters of life, waters of death, waters of passage. A symposium on « Sea and water in word and image » had to propose a section on The biblical or mythical imaginary of water and sea.
The session will explore the following aspects (non-exhaustive proposals):

-developing a historical and philosophical dimension about the universality of this symbolic matter;
-exploring the unfolding of the symbolism of water in some major sacred texts;
-starting from this universal symbolism, questioning on the consequences of modernity and secularization on the use of symbolic language, especially when the codes underlying this language have become evanescent;
-considering the consequences of this « water symbolism » on some major ethical issues related to the management of this element (universal right to water, global warming, etc.).

La mer dans l’hagiographie et l’iconographie des saints chrétiens

La mer dans l’hagiographie et l’iconographie des saints chrétiens

Président de séance : Massimo Leone (Université de Turin, Italie / Université de Shanghai, Chine)


===La mer comme voie de transport ou comme ressource matérielle a été et est encore centrale dans plusieurs communautés humaines et quant à leurs besoins économiques à travers les siècles et les âges. Il n’est pas surprenant, dès lors, que tant de miracles et mystères de saints chrétiens soient liés à la mer, aient lieu en mer, et souvent transforment la mer en un pieux allié de l’activité sainte. Depuis Pierre Nolasque qui utilisa son manteau pour croiser la Méditerranée jusqu’à Francois Xavier qui reçut un crucifix perdu d’un crabe sacré, les épisodes hagiographiques impliquant la présence favorable de la mer abondent. L’iconographie de ces anecdotes prodigieuses et miraculeuses est également très riche.

—-Cet atelier interrogera la relation entre textes et images dans la genèse et le développement de cette tradition spécifique de l’imagerie chrétienne.

The Sea in the Hagiography and Iconography of the Christian Saints

Chair: Massimo Leone (University of Turin, Italy / Shanghai University, China)


===The sea as a way of transportation and as a material resource has been and remains central to many human communities and their economic needs across the centuries and the ages. It is thus not surprising, that so many Christian saints’ prodigies and mysteries are related to the sea, take place at sea, and often transform the sea into the pious ally of the saintly activity. From Pedro Nolasco using his mantle to cross the Mediterranean to Francis Xavier receiving from a holy crab a lost crucifix, hagiographic episodes involving the favorable presence of the sea abound. The iconography of these prodigious and miraculous anecdotes is also copious.
===The session will investigate the relation between words and images in the genesis and development of this specific tradition of Christian imagery.

Liquidité, SA. Le capitalisme précoce en haute mer vu dans les textes et images contemporaines

Liquidité, SA. Le capitalisme précoce en haute mer vu dans les textes et images contemporaines

Chair: Amanda Wasielewski (The Graduate Center CUNY, New York, États-Unis)


===Moby-Dick, le célèbre roman de Herman Melville d’il y a plus d’un siècle et demi, occupe toujours de nombreux artistes et écrivains. Le récit de Melville qui décrit l’orgueil et la cupidité à bord d’un navire baleinier est à la fois une métaphore puissante du moment présent et un moyen de comprendre comment nous en sommes arrivés là. Alors que les données circulent à la vitesse de la lumière autour de la planète, il semble pertinent d’analyser une époque où les capitaux coulaient sur l’eau à un rythme beaucoup plus lent mais d’une manière tout aussi impitoyable. L’ordre mondial qui hante le présent a été créé à cette époque, par la poursuite acharnée de la richesse en haute mer. C’était une époque de colonialisme, d’exploitation, d’esclavage, d’industrie et d’accélération technologique. Alors que nos échanges à haute fréquence basés sur des algorithmes dé-centrent de plus en plus le corps humain dans les régimes de finance mondiale, la période coloniale a pourtant aussi réduit le monde naturel aux indices de l’assurance et a réduit les humains à des matières premières. Fish Story d’Allan Sekula (1995) est un travail fondamental dans ce domaine. On en trouve un exemple récent dans Liquidity Inc. (2014) de Hito Steyerl, où la fluidité des marchés financiers est enchevêtrée dans la réalité corporelle. Les éléments primordiaux ne sont pas plus stables que ces flux automatisés. Un autre exemple peut être trouvé dans Return of the Obra Dinn (2018), un jeu vidéo indépendant conçu par Lucas Pope, créateur de Papers, Please (2013). Dans ce jeu, le protagoniste est un enquêteur d’assurances plutôt qu’un aventurier ou un capitaine de la marine, qui est chargé de déterminer comment un navire de la Compagnie des Indes orientales s’est retrouvé avec tous les membres de son équipage morts ou disparus. Les opérations de finance, de cupidité et d’instabilité sont placées au centre du récit.
===Cet atelier explorera l’art, la littérature et les textes récents qui ont pour thème le commerce maritime dans le passé et examinera pourquoi et comment ce thème est si pertinent pour le moment présent.

Liquidity Incorporated: Early Capitalism on the High Seas in Contemporary Text and Image

Chair: Amanda Wasielewski (The Graduate Center CUNY, New York, USA)


===Herman Melville’s classic Moby-Dick, a novel that is over a century and a half old, is on many artists’ and writers’ minds these days. Melville’s tale of hubris and greed aboard a whaling ship is both a strong metaphor for the present and a way of understanding how we got here. As data flows at the speed of light around the planet, it seems apt to reflect on a time when capital flowed over water at a much slower but no less ruthless pace. The world order that haunts the present day was produced during this time through the dogged pursuit of wealth on the high seas. It was an era of colonialism, exploitation, slavery, industry, and technological acceleration. As high-frequency and algorithmically-modulated trading increasingly de-centers the human body in regimes of global finance, so too did the colonial period reduce the natural world to insurance figures and subjugated people to commodities. Allan Sekula’s Fish Story (1995) was a foundational work in this area, and a recent example can be found in Hito Steyerl’s Liquidity Inc. (2014), where the fluidity of financial markets is entangled with the messiness of corporal reality. The primordial elements are no more stable than these automated flows. Another example can be found in Return of the Obra Dinn (2018), an indie game designed by Lucas Pope, the creator of Papers, Please (2013). In the game, the protagonist is an insurance investigator, rather than an adventurer or a sea captain, who is tasked with determining how an East India Company vessel ended up with all of its crew either dead or missing. The operations of finance, greed, and instability are placed at the center of the narrative.
===This panel will explore recent art, literature, and text that deals with the sea-based trade in the past and investigate why and how this theme is so relevant to the present moment.

Des vagues qui nous font jouir et qui nous apprennent à désirer

Des vagues qui nous font jouir et qui nous apprennent à désirer

Président de séance : Jean-Marie Weber (Université du Luxembourg)


oooDepuis ses débuts, le cinéma semble l’art le plus apte à chercher, du côté de l’étrangeté, de l’indicible, de l’inconscient. C’est le « divan du pauvre », nous dit Félix Guattari. En tout cas il est subversif comme la psychanalyse. Selon Slavoj Žižekil constitue un dispositif qui nous fait jouir et un lieu pédagogique qui nous apprend à désirer.
—–Notre propos est d’examiner à travers des extraits de films comme Persona de Bergman, Breaking the Waves de Lars von Trier, Silence de Scorsese et Les Quatre Cents Coups de Truffaut, comment l’artiste nous confronte avec le réel et avec le fait qu’il n’y a plus de Grand Autre.
—–Ces scènes se jouent au bord de la mer, de l’étrangeté, finalement du traumatique. Touchés par la violence des vagues et la force du pulsionnel, nous sommes confrontés avec notre regard, notre jouissance et notre désir. C’est en tant que « parlêtre » (Lacan) et plus spécifiquement en tant qu’être pulsionnel que nous nous rencontrons à travers de telles scènes.  C’est finalement notre implication dans le film qui est questionnée dans cet atelier.

Waves that makes us enjoy and teach us how to desire

Chair: Jean-Marie Weber (Université du Luxembourg)


===Since its early days, cinema seems the most appropriate art to scrutinize the unfamiliar, the unsayable, and the unconscious. It is the “couch of the poor”, claims Félix Guattari. Anyway, cinema seems to be as subversive as psychoanalysis. According to Slavoj Žižek,it constitutes a disposal that makes us enjoy and a pedagogical tool to teach us how to desire.
—–Our purpose is to study through film excerpts, such as Bergman’s Persona de Bergman, Lars von Triers Breaking the Waves, Scorsese’s Silence, and Truffaut’s Les Quatre Cents Coups, how the artist confronts us with the real and with the fact that there isn’t any longer a Big Other.
—–Such scenes take place on the seashore, at the rim of strangeness, and finally at the edge of trauma. Touched by the violence of the waves and the drive, we are confronted with our gaze, our pleasure and our desire. It is as « parlêtre » (Lacan), and more specifically as an instinctual being, that we recognize ourselves in such scenes. It is finally our implication in the movie that this panel will question.

Figurations de l’eau. Femmes et polymorphismes aquatiques dans les arts

Figurations de l’eau. Femmes et polymorphismes aquatiques dans les arts

Président de séance : Hélène Barthelmebs-Raguin (Université du Luxembourg)

 


===Parmi tous les topoï rattachés traditionnellement aux femmes, l’eau fait partie des plus communs. Dès que l’on se tourne vers les archétypes symboliques, l’eau se fait non seulement nourrissante et abreuvante, mais aussi violente et mortifère, ce qui souligne son caractère féminin profondément complexe, à la fois maternel et fatal. « Elle est un élément plus féminin et plus uniforme que le feu », nous rappelle Gaston Bachelard dans L’Eau et les rêves. Essai sur l’imagination de la matière (1942). Que l’on pense au récent film de Guillermo del Toro The Shape of water (2017), au dessin animé de Hayao Miazaki Le Voyage de Chihiro (2001) ou encore au tableau de Sandro Botticelli La Naissance de Vénus (1484-1485), force est de constater la nature ambivalente de l’eau. Les sirènes, ondines, naïades et diverses nymphes qui peuplent les imaginaires de Rimbaud ou de Man Ray renversent également les critères du bien et du mal, de la force et de la faiblesse, de la séduction et de la dangerosité.

À partir d’analyses pluridisciplinaires des discours et images aquatiques féminins, cette session souhaite interroger les productions artistiques qui, s’emparant de ces figures mythologiques, (re)construisent les genres et les relations genrées. Si l’Histoire de l’art nous apprend qu’elles apparaissent sous un jour volontiers négatif, elles n’en ont pas moins fait l’objet de réappropriations poétiques, tant visuelles que scripturaires, qui visent à construire un genre féminin qui échappe aux stéréotypes et aux rôles prescrits.

Figuration of Water: Women and Aquatic Polymorphisms in the Arts

Chair: Hélène Barthelmebs-Raguin (Université du Luxembourg)


===Of all the topoï traditionally attached to women, water is one of the most common. When we turn to symbolic archetypes, water is not only nourishing and watering, but also violent and deadly. This fact emphasizes its deeply complex feminine character, both maternal and fatal. “It is an element which is more feminine and more uniform than fire”says Gaston Bachelard L’Eau et les rêves. Essai sur l’imagination de la matière (1942). Let’s think about Guillermo del Toro’s recent film The Shape of Water (2017), Hayao Miazaki’s cartoon The Journey of Chihiro (2001) or Sandro Botticelli’s painting La Naissance de Vénus (1484-1485): it is important to note the ambivalent nature of water. The mermaids, naiads and other nymphs that inhabit the imaginations of Rimbaud or Man Ray also reverse the criteria of good and bad, strength and weakness, seduction and dangerousness.

Based on multidisciplinary analyzes of feminine aquatic speeches and images, this session aims to question the artistic productions that, seizing these mythological figures, (re)construct feminine gender and gender relations. If the history of art teaches us that these figures appear frequently in a negative light, they have nonetheless been the object of poetic re-appropriations, both visual and scriptural, which aim to construct a feminine gender that liberate from stereotypes and prescribed roles.

Littérature / Mythes / Culture / Patrimoine – Mercredi, 8 juillet & Jeudi, 9 juillet 

La perception sensible de l’eau – la poétique du mouvement et de l’infini

La perception sensible de l’eau – la poétique du mouvement et de l’infini

Présidente de séance : Anikó Ádám (Université catholique Pázmány Péter, Budapest, Hongrie)


===L’eau n’est pas qu’un des quatre éléments avec des caractéristiques physiques et chimiques, essentielle source de la vie biologique, substance stable et réactive, milieu à la fois familier et étranger à l’homme. Par sa nature mouvante, changeante, insaisissable, l’eau englobe tous les états possibles de la matière et de l’être en transition et en transformation. L’image de l’eau communément est souvent associée à l’écoulement du temps.
===Cet atelier se propose, à travers l’analyse d’exemples littéraires (Rousseau, Chateaubriand), cette fois, de réfléchir sur la nature de l’eau comme élément esthétique, au sens strict du terme, qui sépare et relie et qui rend possible de faire percevoir l’espace dans le texte. Suivre le flux et le reflux de l’eau, voir l’eau qui coule mènent à la perception sensible du mouvement ; contempler l’eau étendue donne l’illusion visuelle de l’infini extérieur et intérieur. La perception visuelle de l’eau transparente et fuyante rend perceptible, voire visible la transcendance par définition imperceptible, et engendre un langage poétique, à l’aube du romantisme, qui sera capable d’exprimer les transitions entre la matière et l’esprit, le temps et l’espace, la vie et la mort, la terre ferme et la mer mouvante, etc.
===Il s’agira de démontrer que l’analyse de l’usage poétique de l’image de l’eau, quelque peu conventionnel et stéréotypé, nous fait comprendre la transition entre deux visions spatio-temporelles, celle des Lumières et celle des Romantiques.

Sensible Perception of Water – Poetics of Movement and of the Infinite

Chair: Anikó Ádám (Catholic University Pázmány Péter, Budapest, Hungary)


===Water is not only one of the four elements endowed with physical and chemical features, but also an essential source of biological life, a stable and reactive substance, a both familiar and alien environment. Through its changing nature, uncatchable, water encompasses all possible states of the material and of the being in evolution and in transformation. The image of water is commonly associated with the flow of time.
===This panel aims, through analysis of literary examples (e.g. Rousseau, Chateaubriand), at reflecting on the nature of water as an aesthetic element, stricto sensu, which separates or connects, and allows to perceive space in the text. Following ebb and flow, or to see flowing water lead to the sensible perception of movement; contemplating water gives the visual illusion of the external and internal infinite. Visual perception of transparent and running makes perceptible, if not visible a by definition imperceptible transcendence, and engenders a poetic language, at the dawn of romanticism, which will be capable of expressing the passage between material and spirit, life and death, solid land and moving water, etc.
===Crucial to this session will be the demonstration that the analysis of the somehow conventional and stereotypical poetic use of water helps to understand the shift between two spatial-temporal visions, the Enlightened one and the Romantic one.

Fleuves, rivières, lacs et étangs dans l’illustration livresque, du 17ième siècle à nos jours

Fleuves, rivières, lacs et étangs dans l’illustration livresque, du 17ième siècle à nos jours

Présidents de séance : Sophie Aymes (Université de Bourgogne, France) ; Nathalie Collé (Université de Lorraine, France) ; Brigitte Friant-Kessler (Université Polytechnique Hauts de France, France) ; Maxime Leroy (Université de Haute-Alsace, France)


===Nous invitons les participants à soumettre des propositions sur les rapports texte-image en lien avec l’illustration livresque d’œuvres documentaires, de récits fictionnels ou de textes scientifiques qui traitent des rivières, fleuves, lacs ou étangs, depuis le 17ième siècle jusqu’à nos jours. Les communications pourront s’appuyer sur des aspects techniques, éditoriaux ou sur des questions théoriques telles que l’intermédialité, dans une perspective diachronique ou synchronique. Nous serons heureux d’accueillir tout type de cadre théorique et critique. Les études pourront couvrir des genres aussi divers que le roman fantastique, réaliste, la fantasy ou le pittoresque, la poésie ainsi que des expressions graphiques comme la caricature ou la bande dessinée.
===Habiter au bord d’un cours d’eau, voyager ou encore séjourner près d’un lac ou d’un étang sont autant de sources d’inspiration dont les traces sont perceptibles dans la poésie de William Wordsworth, en passant par la récente édition illustrée de Grasmere Journal, jusque dans les images associées au célèbre roman humoristique de Jerome K Jerome, Trois hommes dans un bateau. Les cours d’eau tels que la Tamise pour Daniel Defoe ou le Mississippi pour Mark Twain ont forgé des topoï durablement ancrés dans les esprits et ont donné lieu à des scènes mémorables et des personnages emblématiques. De la ‘Dame du Lac’ des cycles arthuriens au monstre du Loch Ness, ces eaux abritent souvent des créatures mythologiques et imaginaires propres à ces récits.
===Les rivières, fleuves, lacs et étangs étant des écosystèmes à partir desquels l’imaginaire et la créativité artistique peuvent se déployer, les communications pourront s’intéresser à l’eau comme thématique picturale, mais aussi dans une dimension éco-critique. Nous invitons ainsi les participants à interroger la façon dont le rapport texte-image reflète des phénomènes sociologiques et économiques, par exemple, le thermalisme. Les représentations visuelles et récits des métiers et loisirs, ainsi que des modes de transport (barges, péniches, petites embarcations de loisirs, etc.) liés aux rivières, lacs ou sources pourront apporter un éclairage sur les relations entre l’eau et l’illustration.
===De manière générale, il sera intéressant de réfléchir à l’illustration en tant que moyen de représenter des mutations idéologiques, épistémologiques, sociologiques ou cartographiques au fil du temps, et en fonction de divers médias.En matière de parti pris techniques et esthétiques, l’eau joue également un rôle important dans l’aquarelle et le lavis afin d’obtenir des effets spécifiques (brouillage, luminosité, légèreté, éclaboussures). On pourra mettre en regard la technique, le médium et l’élément ‘eau’, notamment par le biais de notions comme la fluidité, l’hybridité et l’intermédialité, toutes animées par des dynamiques d’échanges et d’influences croisées qui sont au cœur de nos interrogations pour ce congrès AIERTI.

Rivers, Lakes and Ponds in Book Illustration from the 17th Century to the Present Day

Chairs: Sophie Aymes (University of Bourgogne, France); Nathalie Collé (University of Lorraine, France); Brigitte Friant-Kessler (Polytechnic University Hauts de France, France); Maxime Leroy (University of Haute-Alsace, France)


===We invite contributions on the relationships between book illustration and rivers, lakes, or ponds in literary, documentary or scientific works from the 17th century to the contemporary period. Participants may examine the thematic, technical, editorial and intermedial aspects of the topic from a synchronic or diachronic perspective and through different genres (fantasy, caricature, comics, the picturesque, the documentary, etc.). All theoretical approaches are welcome.
===Being a river dweller, going on a boating trip or living in an area characterised by lakes generates specificities, whether in William Wordsworth’s lake poems, the recently illustrated editions of the Grasmere Journal, or Jerome K Jerome’s best-seller Three Men in a Boat, to name but those. City rivers such as the Thames in Daniel Defoe’s fiction or the Mississippi in Mark Twain’s narratives have significantly contributed to creating memorable scenes. We would like to address the word and image relationship derived from those particular settings. Rivers, lakes or even small ponds as eco-systems allow for imaginative designs and creativity. Contributions to this session may discuss the treatment of water as a pictorial or eco-critical theme by exploring for instance how representations of urban territories are affected by the presence of rivers. Illustrations to the Arthurian legend featuring the Lady of the Lake, or the fascination for imaginary and mythical creatures like the Loch Ness monster which have spawned their own mythologies in word and image may also be looked at.
===Contributions may discuss the role of illustration in conveying and depicting social change and ideology, together with developments in city map making over time and across media. We also seek to examine illustrations of social phenomena such as spas, hydrotherapy centres and places famous for their rivers, lakes or water springs, leisure activities as well as for specific trades or modes of transportation (barges, canoes, skiffs, etc.).
===As water is used in techniques like watercolour or ink wash, papers may look at how and why illustrators use such liquid and how specific effects (fluidity, blurring, splattering, etc.) are achieved through them when illustrating river, lake and pond-inspired narratives. Finally, we particularly welcome contributions showing how book illustrations related to water are informed by the concepts of hybridity and intermediality, crossing and crossover, influence and change, in resonance with the fluid nature of the element ‘water’, central to this IAWIS Conference.

L’eau comme matériau et medium dans l’art contemporain

L’eau comme matériau et medium dans l’art contemporain

Présidente de séance : Carla Taban (Chercheuse indépendante, Toronto, Canada)


===Depuis l’émergence des pratiques artistiques telles que les happenings, les performances, les installations, le land art et l’art conceptuel à la fin des années 50 et 60, les artistes contemporains utilisent l’eau dans ses différents états (liquide, solide et gazeux), des plans d’eau (des rivières, des lacs, des mers ou des océans) et le cycle naturel de l’eau comme matériaux ou médiums dans leurs œuvres. Nombre de ces pratiques comprennent aussi des éléments langagiers oraux ou écrits, qui représentent parfois une dimension majeure de l’œuvre, tandis que d’autres fois ils ne se manifestent que sous la forme de son titre, mais jouent, même dans ce cas, un rôle important en signalant l’intention de l’artiste ou en dirigeant la réception de l’œuvre. L’interaction entre les composantes verbale, aquatique et, le cas échéant, les autres matériaux ou médiums utilisés soulève souvent des questions fondamentales sur la nature et le statut de l’œuvre d’art, les processus de sa production et de sa réception, les divers contextes artistiques, écologiques, sociopolitiques, économiques et institutionnels dans lesquels elle s’inscrit, tout en abordant une multitude de problématiques: la forme et l’informe, la transformation, le mouvement, le hasard, des systèmes et des structures, etc.
===Des performances d’Yves Klein, Cession d’une zone de sensibilité picturale immatérielle (1959–62), aux évènements (partitions) Fluxus, Drip Water, de George Brecht (1959–62), des œuvres de Hans Haacke qui emploient des systèmes naturels (Condensation Cube, 1963–65 ou Rhine Water Purification Plant, 1972) aux happenings d’Allan Kaprow (Fluids, 1967), des œuvres land art de Denis Oppenheim (Beebe Lake Ice Cut, 1969) et Robert Smithson (Spiral Jetty, 1970) aux projets d’empaquetage de Christo et Jeanne-Claude (Wrapped Coast, Little Bay, Australie, 1969 et Ocean Front, Newport, Rhode Island, 1974) ou à des œuvres d’art conceptuel telles que An Oak Tree (1973) de Michael Craig-Martin – l’eau ne cesse de participer au champ élargi de l’art contemporain.
===Cette session invite des communications traitant de l’eau comme matériau ou médium dans l’art contemporain, et de son interaction avec le langage verbal.

Water as Material and Medium in Contemporary Art

Chair: Carla Taban (Independent researcher, Toronto, Canada)


===Since the emergence of artistic practices such as happenings, performance, installation, land art, and conceptual art in the late 1950s and 1960s, contemporary artists have used water in its various states—liquid, solid, and gaseous; bodies of water—such as rivers, lakes, seas, or oceans; and the natural water cycle, as materials or mediums in their works. Many of these practices also comprise language, be it spoken or written, which sometimes represents a major dimension of the artwork, sometimes manifests only in the guise of its title, yet plays, even in this latter case, an important role in signaling the work’s intention or directing its reception. The interplay between the verbal, the water-related and, when applicable, the other materials or mediums employed, often raises fundamental questions about the nature and the status of the artwork, its production and reception processes, the various artistic, ecological, sociopolitical, economic, and institutional contexts within which it is inscribed, while at the same time investigating myriad issues: form and formlessness, transformation, movement, chance, systems, structures, and so on.
===From Yves Klein’s performances Transfer of a Zone of Immaterial Pictorial Sensibility (1959–62) to Fluxus works such as George Brecht’s Drip Waterevent (score) (1959–62), from Hans Haacke’s natural-system works (Condensation Cube, 1963–65 or Rhine Water Purification Plant, 1972) to the happenings of Allan Kaprow (Fluids, 1967), from land-art works by Denis Oppenheim (Beebe Lake Ice Cut, 1969) and Robert Smithson (Spiral Jetty, 1970) to Christo and Jeanne-Claude’s water-wrapping projects (Wrapped Coast, Little Bay, Australia, 1969 and Ocean Front, Newport, Rhode Island, 1974) or conceptual pieces such as Michael Craig-Martin’s An Oak Tree (1973)—water has not ceased partaking in the expanded art field.
===This session welcomes papers that deal with water as material or medium in contemporary art, and its interaction with language.

All is lost: l’imaginaire contemporain du naufrage

All is lost: l’imaginaire contemporain du naufrage

Présidents de séance : Philippe Kaenel (Université de Lausanne, Suisse) & Laurence Roussillon-Constanty (Université de Pau et des Pays de l’Adour, France)


===Les naufrages ont de longue date fait la une des médias et occupé une place majeure et significative dans l’histoire des représentations culturelles, du scandale autour de La Méduse(1816) aux drames des boat people, en passant par le Titanic, sans oublier les naufragés qui animent les grands récits de la littérature occidentale : ceux de Victor Hugo, d’Edgar Allan Poe, de Coleridge, de Mallarmé, etc. (Carl Thompson, 2014). Plus récemment, le cinéma s’est emparé du thème (All is Lost, Odyssée de Pi, déclinaisons autour de Melville…).
===Or, tant en littérature que dans les arts visuels, le naufrage pose des questions centrales sur le point de vue, le récit et les dispositifs de la représentation (Hans Blumenberg, 1997) : immersion du spectateur, espace confiné du radeau ou de canot, horizons sans fin et relief, perte des repères spatiotemporels. Le naufrage est également le lieu – ou, selon Michel Foucault, l’hétérotopie – où se jouent les limites de l’humain, tant physiques (résistance) que morales (cannibalisme), littéralement soumises à la dérive. Que donne à comprendre de notre culture la fascination médiatique, artistique et littéraire pour le naufrage ? Comment expliquer la résurgence du thème aujourd’hui ? Quelle est la part faite aux récits imaginaires et aux représentations dites « documentaires »?
===Cet atelier sera l’occasion d’effectuer un parcours à travers les médias et les genres : roman, poésie, illustration, bande dessinée, peinture, photographie, vidéo, cinéma…

All Is Lost: Shipwrecks in the Contemporary Imagination

Chairs: Philippe Kaenel (University of Lausanne, Switzerland) & Laurence Roussillon-Constanty (University of Pau and the Pays de l’Adour, France)


===From the scandal surrounding the Raft of the Medusa (1816) to the tragic drifting of boat people and the sinking of the Titanic, shipwrecks have long made the headlines and been the focus of attention, inspiring a significant collection in the history of cultural, artistic and social representations (Carl Thompson, 2014). In numerous canonical occidental narratives (by Victor Hugo, Edgar Allan Poe, Coleridge or Mallarmé) as much as in recent films (such as All is Lost, The Life of Pi or in the several revisits of Melville’s epic novel Moby Dick), the shipwreck survivor has also often been depicted as the central figure.
===From a formal and phenomenological point of view, the very situation of a shipwreck entails a specific point of view or camera angle that highlights and question the technical set-up of artistic production (Hans Blumenberg, 1997). Narrative or filming devices will either immerse the spectator or constrain her/him in the confined space of a raft or lifeboat; in the same fashion, the description or view of the open sea or else an obstructed horizon line will lead to the loss of one’s spatial and temporal bearings so that the shipwreck itself becomes an alternative place – or, in Michel Foucault’s words, a heterotopia – where humans may experience the limitations of their physical and moral nature (as exemplified in cases of cannibalism) and test the limits of their humanity.
===Our session welcomes papers across all the media and genres from the novel, poetry, illustration, comic books to painting, photography and film.

Mers et océans dans l’illustration livresque, du 17ième siècle à nos jours

Mers et océans dans l’illustration livresque, du 17ième siècle à nos jours

Présidents de séance : Sophie Aymes (Université de Bourgogne, France) ; Nathalie Collé (Université de Lorraine, France) ; Brigitte Friant-Kessler (Université Polytechnique Hauts de France, France) ; Maxime Leroy (Université de Haute-Alsace, France)


===Nous invitons les participants à soumettre des propositions sur les relations texte-image en lien avec l’illustration d’ouvrages documentaires, de récits fictionnels ou de textes scientifiques qui traitent de la vie près de /sur/sous la mer, depuis le 17ième siècle jusqu’à nos jours. Les communications pourront s’appuyer sur des aspects techniques, éditoriaux ou sur des questions théoriques d’intermédialité, dans une perspective diachronique ou synchronique. Nous n’excluons aucun cadre théorique et critique. Les études pourront couvrir des genres aussi divers que le roman fantastique, réaliste, la fantasy, la poésie, les récits d’aventure pour ne citer que ceux-là, ainsi que des expressions graphiques comme l’estampe, l’esquisse, la caricature ou la bande dessinée.
===À partir des premiers récits d’exploration du long 17ième siècle jusqu’aux témoignages contemporains de communautés migrantes, en passant par la littérature jeunesse, la vie en mer, les histoires de pirates, les océans et les îles ont servi de décors et de trames narratives. L’on songe, entre autres, à Daniel Defoe, Samuel Coleridge, Robert Stevenson ou encore Mervyn Peake. Les navires qui traversent mers et océans affrontent des éléments qui se déchaînent. Ainsi, tempêtes et naufrages constituent des moments-clés et des topoïspécifiques qui ont inspiré les auteurs et les artistes visuels. Mers et océans suscitent la curiosité, la fascination et la crainte, d’où la présence de créatures imaginaires et mythologiques telles que des sirènes, des pieuvres géantes ou des baleines blanches. Les communications pourront également porter sur des expéditions scientifiques en mer comme celles de Charles Darwin ou du capitaine James Cook ; ou encore sur des ouvrages d’histoire naturelle (planches zoologiques) et des journaux de bord illustrés.
===Cette session sera l’occasion d’interroger la façon dont le rapport texte-image reflète des phénomènes sociologiques et économiques, par exemple, la vie dans et autour de stations balnéaires en bord de mer. Les activités professionnelles, les loisirs, ainsi que les modes de transport issus de l’environnement marin pourront faire l’objet de communications. En fonction des divers média choisis, nous invitons à réfléchir à l’illustration en tant que moyen de représenter visuellement et textuellement des changements idéologiques, épistémologiques, sociologiques ou cartographiques au fil du temps, y compris, par exemple, la suprématie maritime, les ports, ou les conflits en mer et à cause des mers.
===En matière de parti pris technique et esthétique, l’eau joue un rôle important dans l’aquarelle et le lavis afin d’obtenir des effets spécifiques (brouillage, luminosité, légèreté, éclaboussures). On pourra mettre en regard la technique, le médium et l’élément ‘eau’, notamment par le biais de notions comme la fluidité, l’hybridité et l’intermédialité, toutes animées par des dynamiques d’échanges et d’influences croisées qui sont au cœur de nos interrogations pour ce congrès AIERTI.

Navigating Seas and Oceans in Book Illustration from the 17th Century to the Present Day

Chairs: Sophie Aymes (University of Bourgogne, France); Nathalie Collé (University of Lorraine, France); Brigitte Friant-Kessler (Polytechnic University Hauts de France, France); Maxime Leroy (University of Haute-Alsace, France)


===We invite contributions that explore book illustration in literary, documentary or scientific works related to life near, at and under sea, from the 17th century to the present day. We welcome papers that discuss the topic across media. The presentations may examine the thematic, technical, editorial and intermedial aspects of the topic from a synchronic or diachronic perspective and through a variety of genres (fantasy, novel, memoirs, poetry, caricature, comics, the picturesque, the documentary, etc.). Alltheoretical approaches are welcome.
===From early travel narratives to contemporary reports of migrants’ itineraries, or children’s literature, life at sea, pirate stories, oceans and islands have been used as background settings. Imaginative designs and creativity related to piracy, life and survival on board ships abound from Daniel Defoe’s General History of Pyrates, to Coleridge’sRime of the Ancient Mariner, Robert Stevenson’s Treasure Island, up to Mervyn Peake’s children’s book featuring Captain Slaughterboard. As ships crossing the seven seas do so in treacherous environments, storms and shipwrecks will be interesting moments to select in order to discuss how authors and illustrators tackle them. Seen as a pictorial theme but also as a basis for narratives conveying curiosity, wonder or fear, seas and oceans go together with imaginary and mythical creatures such as sirens, gigantic squids or white whales. Papers may also explore travel narratives such as Charles Darwin’s or Captain Cook’s voyages for scientific purposes. Zoological plates in natural science books or sketches featuring marine life derived from those expeditions may be considered.
===Broadly speaking, proposals in which illustrations critically reflect on social phenomena such as tourism, leisure or the role played by famous seaside resorts, will be considered. Participants may engage with the specific role of illustration in conveying or representing major social change and ideology, sea-related power conflicts, the rise of empire and map making, or the control of maritime borders and harbours. Finally, this session seeks to examine how book illustrations are informed by the concepts of hybridity and intermediality, crossing and crossover, influence and change, in resonance with the fluid nature of the element.

Le Fleuve : Réalité, Mythe et Métaphore

Le Fleuve : Réalité, Mythe et Métaphore

Présidente de séance : Véronique Plesch (Colby College, Waterville, USA)


===Du Jourdain du Baptême du Christ, la Seine et la Tamise des Impressionnistes, le Danube, Nil, Gange et Rio de la Plata de la Fontana dei Quattro Fiumidu Bernin, les fleuves abondent en art et en littérature. Quatre fleuves du Paradis et cinq fleuves d’Hadès – fleuves de la vie et de la mort : les fleuves jouent un rôle crucial dans la mythologie et la religion. Qu’ils soient positifs ou négatifs, certains fleuves sont à la fois mythe et réalité, comme c’est le cas pour l’Achéron de l’Hadès, véritable fleuve en Grèce. La Seine, Sequana pour les Romains, était une divinité et sa source était un site d’offrandes. Au-delà de la simple question de savoir comment les fleuves – qu’ils soient réels, mythologiques, ou métaphoriques – sont représentés dans l’art et la littérature et quelles sont les nombreuses formes et fonctions qu’ils adoptent dans leurs incarnations artistiques, cette séance vise à explorer la multitude de natures et de fonctions que peuvent prendre les fleuves.
===Nous invitons des communications qui considèrent des instances dans lesquelles des fleuves jouent un rôle central dans le message de l’artiste ou même dans sa pratique, joignant observation et exécution, métaphores verbales et métaphores visuelles (en particulier dans la puissante métaphore de la source du langage), voire même dans l’analyse scientifique, avec des significations plus profondes ; représentations allant au-delà de la traduction visuelle et/ou littéraire du motif fluvial. Le fleuve peut ainsi être une métaphore mais aussi un principe d’organisation formelle, comme c’est le cas pour The River (2010) de Charles Sandison, une installation générée par ordinateur qui permet aux mots d’une multitude de langues du monde de « couler » sur la rampe du Musée du Quai Branly, réactualisant l’ancienne métaphore du fleuve de la vie.

The River: Reality, Myth, and Metaphor

Chair: Véronique Plesch (Colby College, Waterville, USA)


===From the Jordan of Christ’s Baptism, the Seine and the Thames of the Impressionists, the Danube, Nile, Ganges, and Rio de la Plata of Bernini’s Fontana dei Quattro Fiumi, rivers abound in art and literature. Four rivers of Paradise and five rivers of Hades – rivers of life and rivers of death: rivers play a crucial role in mythology and religion. Not only at times positive and at others negative, some rivers can be both myth and reality, as in the case of Hades’s Acheron, also a real river in Greece. The Seine, Sequana for the Romans, was a goddess and her source was a site for offerings. Beyond the simple question of how rivers, whether real, mythological, or metaphorical are represented in art and literature, and what are the many forms and functions they adopt in their artistic embodiments, this panel aims at exploring the multifarious nature and function of rivers.
===We invite case studies in which rivers are central to the artist’s message and/or practice, merging attentive observation and rendering, verbal and visual metaphors (in particular the very powerful image of the source in language), or even in scientific analysis, with deeper meanings; depictions going beyond the visual and/or literary translation of a fluvial motif. The river may be a metaphor and a formal organizing principle, as in Charles Sandison’s The River (2010), a computer-generated installation that makes words from a myriad of world languages flow on the Musée du Quai Branly’s ramp, using the age-old metaphor of the River of Life.

Les mers septentrionales dans les textes et les images

Les mers septentrionales dans les textes et les images

Présidents de séance : Claire McKeown (Université de Lorraine, France) & Thomas Mohnike (Université de Strasbourg, France)


===Cet atelier propose d’étudier les représentations textuelles et visuelles des mers du nord et d’explorer leur contribution à l’esthétique et aux récits identitaires de l’Europe du Nord.
===La difficulté de représenter l’eau reflète celle de caractériser les espaces nordiques, comme le suggère la confusion entre les termes « scandinave », « nordique » et « du nord ». Les pays d’Europe du Nord sont définis par un répertoire de mythèmes liés à la mer (falaises et plages, les Vikings, le commerce maritime) démontrant son importance pour l’esthétique comme pour la politique identitaire.
===Plusieurs représentations canoniques de l’Europe du Nord se concentrent sur les éléments marins. La mythologie nordique fournit des images de la mer comme force destructrice ou séductrice, chez des peintres comme Johann Heinrich Füssli, Elisabeth Jerichau-Baumann et Nils Blommér. Le groupe de Skagen représente le Danemark à travers des scènes de pêche, tandis que les paysages marins de l’Allemagne sont au cœur de la contribution de Caspar David Friedrich à la peinture romantique. Le fjord norvégien est essentiel au Festin de Babette de Karen Blixen, mais remplacé par le Jutland dans l’adaptation cinématographique. L’expédition française « La recherche » a produit des images et des textes représentant les mers du Nord de façon paradigmatique.
===Nous accueillerons tout particulièrement des propositions explorant les liens entre art et écriture, par exemple à travers les liens des peintres de Skagen avec la littérature, des auteurs impressionnistes comme Herman Bang et J.P. Jacobsen, l’expérimentation d’August Strindberg en photographie et peinture, les récits de voyage de H.C. Andersen et William Morris ou l’œuvre intermédiale de Marcel Broodthaers, A Voyage on the North Sea. Nous espérons montrer comment les définitions fluctuantes du Nord se reflètent dans l’interaction entre texte et image, notamment à travers les questions suivantes : Quelles images et mythèmes récurrents sont associés aux eaux du Nord ? Comment le traitement littéraire et artistique des mers du Nord reflète-t-il l’identité complexe de ces espaces, ou contribue-t-il à la construction de géographies imaginées ? Comment l’intermédialité établit-elle des liens et des distinctions entre ces différents espaces ?

Northern Seas in Word and Image

Chairs: Claire McKeown (University of Lorraine, France) &Thomas Mohnike (University of Strasbourg, France)


===This workshop aims to study text and image representations of Northern seas and to explore how these contribute to Northern European aesthetics and identity narratives.
===The challenge of representing water reflects the difficulty of characterising Northern spaces, as the confusion between terms like “Scandinavian”, “Nordic”, and “Northern” suggests. Northern European countries are defined by a repertory of mythemes related to the sea – cliffs and beaches, the Vikings, maritime trade – demonstrating its importance for both aesthetics and identity politics.
===Many canonical representations of Northern Europe focus on marine elements. Norse mythology provides images of the sea as a destructive or seductive force, reflected by painters like Henry Fuesli, Elisabeth Jerichau-Baumann and Nils Blommér. The Skagen group represent Denmark through fishing scenes, while Northern German seascapes are key to Caspar David Friedrich’s iconic contribution to Romantic painting. The Norwegian fjord setting is essential to Karen Blixen’s Babette’s Feast, but replaced by Jutland in the cinematic adaptation. The French expedition “La recherche” produced images and texts rendering Northern seas in paradigmatic ways.
===We will particularly welcome proposals exploring the connections between art and writing, for example through the Skagen painters’ links with literature, impressionist authors like Herman Bang and J.P. Jacobsen, August Strindberg’s experimentation with photography and painting, HC Andersen and William Morris’s travel writing or Marcel Broodthaers’s intermedial work A Voyage on the North Sea. We hope to show how fluctuating definitions of Northernness are reflected in the interplay between text and image.
===Papers may address the following issues: Which recurring images and mythemes are associated with Northern waters? How do writers’ and artists’ treatments of Northern seas reflect the complex identity of these spaces? How do these participate in the construction of imaginative geographies? How do intermedial connections establish links and distinctions between different Northern and Nordic spaces?

Nature, culture, raison et sensibilité : l’eau dans l’illustration au 18ième siècle

Nature, culture, raison et sensibilité : l’eau dans l’illustration au 18ième siècle

Présidente de séance : Leigh G. Dillard (University of North Georgia, États-Unis)


===Un certain nombre de romans à succès du 18ième siècle comprennent des épisodes clés dans lesquels l’eau – que ce soit sous forme d’océans, de mers, d’étangs, de lacs, de torrents, de sources, de ruisselets, de chutes, de puits ou de fontaines – joue un rôle symbolique déterminant. Ces représentations de l’eau expriment des passions incarnées par « la nature » ou des versions plus cultivées de cet élément dangereux. Chargées de signification et de symbolisme, ces représentations sont parfois utilisées comme l’arrière-plan ou l’espace dans lequel a lieu l’action principale, mais d’autres fois, elles sont un agent actif dans les drames humains qui se déroulent lorsque les personnages interagissent avec cet élément dans sa matérialité et cette interaction-là transforme le fil de leur vie de façon déterminante. Souvent, le résultat en est profondément émouvant – noyade, naufrage, traumatisme, inondation, etc. – et l’expérience peut être véritablement transformatrice – auto-découverte, guérison spirituelle, alimentation physique, épanouissement, etc. Qui plus est, l’eau sert de marque d’identité et de place dans les domaines fictifs. Dans les géographies littéraires, elle peut aussi déclencher des significations et des souvenirs primordiaux, encoder subrepticement des pensées libertines, ainsi que séparer et unir simultanément des peuples, des pays et des continents. Dans l’illustration littéraire du dix-huitième siècle, l’eau est omniprésente et sa représentation est dotée d’un degré de complexité qui invite à un examen plus profond dans la perspective texte-image.
===Pour cette séance, nous accueillerons des propositions qui traitent de l’illustration des scènes emblématiques provenant des romans du dix-huitième siècle afin d’éclairer l’eau en tant qu’élément narratif, thématique, esthétique et symbolique dans les textes comme dans les images. Nous nous intéressons surtout à la façon dont l’illustration interprète visuellement – et conteste subtilement – les rapports complexes entre nature et culture ou interroge la résonance affective des configurations multiples de l’eau. Les exemples peuvent être choisis parmi différents genres romanesques (le récit de voyage imaginaire, le roman sentimental, le conte libertin, le Bildungsroman, etc.) et diverses traditions artistiques ou culturelles. Les propositions qui examinent ce sujet de façon diachronique et transnationale seront particulièrement bien reçues.

Nature, Culture, Sense and Sensibility: Water in 18th-Century Literary Illustration

Chair: Leigh G. Dillard (University of North Georgia, USA)


===A number of bestselling novels of the 18th century include key episodes in which water – whether in the form of oceans, seas, ponds, lakes, torrents, springs, rivulets, falls, wells, or fountains – plays a crucial symbolic role, variously expressing the passions embodied by ‘nature’ or more cultivated versions of this dangerous element. Charged with significance and symbolism, these representations of water are sometimes used as a backdrop or setting to the main action, but at other times, they represent an active agent in the human dramas that unfold when characters interact with this element in its materiality and that interaction unexpectedly alters the course of their lives in consequential ways. The results are often deeply poignant – drowning, shipwreck, trauma, flooding, etc. – but they can also be positively transformative – self-discovery, spiritual healing, physical nourishment, even fulfilment, etc. Within fictional realms, water acts, moreover, as a marker of identity and place in literary cartographies, triggers vital memories and meanings, surreptitiously encodes libertine thoughts, and simultaneously separates and unifies peoples, countries, and continents. In 18th-century literary illustration, water is equally omnipresent, and its representation is endowed with a degree of complexity that invites a closer look from a word and image perspective.
===This session invites proposals which engage with the illustration of iconic scenes from 18th-century novels, in order to shed light on water as a narrative, thematic, aesthetic, and symbolic element in both texts and images. In particular, we are interested in the way in which literary illustration visually interprets – and subtly challenges – the sophisticated textual dynamics between nature and culture, or investigates the affective resonance of water’s multiple configurations. Examples can be drawn from different novelistic genres (the fictional travelogue, the sentimental novel, the libertine tale, the bildungsroman, etc.) and various artistic or cultural traditions. Proposals that engage with the topic diachronically and transnationally are particularly welcome.

L'eau dans tous ses états : mers, tsunamis, orages dans la culture populaire japonaise contemporaine

L’eau dans tous ses états : mers, tsunamis, orages dans la culture populaire japonaise contemporaine

Présidents de séance : Guido Furci (University de Durham, Angleterre / Paris 3-Sorbonne Nouvelle, France) & Filippo Cervelli (Université de Durham, Angleterre / Université de Kobe, Japon).


===Comme le rappelle son traducteur japonais Yotetsu Tonaki (2016), Jean-Luc Nancy considère que la catastrophe de Fukushima « ne peut se réduire ni à un dysfonctionnement technologique ni à un facteur imputable à des hommes en charge, mais révèle au fond le système d’équivalence générale qui soutient toute une civilisation [ne pouvant être expliquée à la simple lumière de] l’interdépendance techno-scientifico-industrielle [sur laquelle semble pourtant se fonder la plupart de] nos sociétés contemporaines ». Loin de paraître exotique, un tel constat fait écho à la façon dont la culture populaire japonaise sous ses différentes formes a elle-même eu tendance à thématiser les interactions hommes-machines, ainsi que les apories intrinsèques à toute notion de progrès – et ce en particulier depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Or, si l’insularité du Japon a toujours contribué à paramétrer, donc, d’une certaine manière, à caractériser davantage son univers représentationnel – jusqu’à en faire un espace-laboratoire susceptible de décrire, par métonymie, des phénomènes aussi complexes que transnationaux –, cela est d’autant plus vrai pour les mangas, les anime, les romans graphiques et les jeux-vidéos qui insistent sur l’ambivalence des éléments naturels, preuve et remise en cause de notre passage sur terre.
===Dans le cadre de cette session, nous nous attarderons en particulier sur la place accordée à l’eau : menacée ou menaçante, celle-ci est omniprésente, y compris en tant que métaphore (il suffit de penser à la « Mer de la Décomposition » dans Nausicaä de la vallée du vent, qui est en fait une plaine toxique), devenant souvent un personnage à part entière, dans les travaux d’auteurs aussi canoniques que Miyazaki, tout comme dans un nombre de plus en plus croissant de créations « mineures ».

Water in All Its Forms: Seas, Tsunamis, Thunderstorm in Contemporary Japanese Popular Culture

Chairs: Guido Furci (Durham University, UK/ Paris 3-Sorbonne Nouvelle, France) & Filippo Cervelli (Durham University, UK / Kobe University, Japan)


===As recalled by his Japanese translator Yotetsu Tonaki (2016), Jean-Luc Nancy argues that the Fukushima catastrophe « may not be reduced to a technological dysfunctioning nor to a factor ascribable to men but reveals in fact the system of general equivalence that sustains a whole civilisation not explainable in the mere lightof techno-scientific interdependency on which most of our contemporary societies are nonetheless based ». Far from seeming exotic, such an observation echoes with the way Japanese popular culture in different forms tends itself to thematise the interactions between humans and machines, and the intrinsic aporias of every notion of progress – and this particularly since the end of World War II. If Japanese insularity has always contributed to parameter, hence, in a way, to feature ever more its representational universe  – until transforming it in a laboratory space likely to describe, through metonymy, complex transnational phenomena –, this applies even more to the manga’s, the  anime, graphic novels and videogames which insist on the ambivalence of natural elements, as an evidence and an interrogation of our passage on earth.
===This panel will especially emphasize on the place given to water. Threatened or threatening, water is omnipresent, included as a metaphor (just think of « the Sea of Decay » in Nausicaä of the Valley of the Wind, which is in fact a toxic plain), often becoming a full character, in the work by canonical authors as Miyazaki, or in an always increasing number of “minor” creations.

Représenter les Numen aquae dans la littérature, le folklore et la culture populaire moderne

Représenter les Numen aquae dans la littérature, le folklore et la culture populaire moderne

Président de séance : Eloy Martos Núñez (Université d´Estrémadure, Espagne)


===Cet atelier s’inspire, d’une part, de la taxonomie des motifs et des types de diverses cultures et sa traduction dans l’évolution de la prosopographie des récits mythiques sur l’eau et, d’autre part, de leur réception et de leur traduction ultérieure en récits littéraires (du Moyen Âge au La modernité) et aux récits des médias modernes (en particulier l’étude des images de créatures aquatiques dans la culture populaire moderne et ses relations avec les superhéros et les sagas).
===La pluralité étonnante de divinités de l’eau dans le folklore à travers le monde et à différentes époques (avec leurs icônes et symboles de vie ou de mort) est ce que nous essayons de convertir en modèles significatifs. À partir de cette approche interdisciplinaire, d’autres axes de recherche sont proposés, principalement en écologie, culture de l’eau et éducation et ses combinatoires.
===Nous interrogeons les changements et continuités culturels et leurs liens potentiels, depuis les récits mythiques et l’iconologie jusqu’à la cyberculture littéraire, afin d’enquêter sur divers supports tels que les sources écrites et orales, transcrites et électroniques, et de recontextualiser ces images dans le folklore aquatique (par ex. des créatures aquatiques, des génies du lieu, des esprits d’eau douce et des fées, des créatures marines et autres personnifications).

Representing Numen Aquae in Literature, Folklore and Modern Popular Culture 

Chair: Eloy Martos Núñez (University of Extremadura, Spain)


===This proposal is based, on the one hand, on the taxonomy of motifs and types from a variety of cultures and its translation into the changing prosopography of mythical narratives about water, and, on the other hand, on their reception and subsequent translation to literary narratives (since the Middle Ages to Modernity) and to the modern media narratives (specially the study of images of water creatures in modern popular culture and its relation to superheroes and sagas).
===The surprising plurality of water deities in folklore around the world and from different periods (with their icons and symbols concerning life or death) is what we try to convert into meaningful patterns. From this interdisciplinary approach, other research axes are proposed, mainly in Ecology, Water Culture and Education and its interrelations.
===We look for cultural changes and continuities and their potential links, from the mythical narratives to the Literary Iconology and Cyberculture, in order to investigate a variety of media such as written and oral sources, transcribed and electronic, and recontextualise this imagery in water folklore (e.g. water-creatures,   genius loci, freshwater spirits and fairies, creatures of the sea and other personifications).

« Parade marine » (Le Marchand de Venise, I.1.10) : représentations de la mer dans le théâtre, la poésie et les arts visuels de la Renaissance anglaise

« Parade marine » (Le Marchand de Venise, I.1.10) : représentations de la mer dans le théâtre, la poésie et les arts visuels de la Renaissance anglaise

Présidente de séance :  Armelle Sabatier (Université Paris Panthéon Assas, France)


===Dans Shakespeare and the Sea, paru en 1964, Alec Falconer démontre que non seulement l’œuvre de Shakespeare regorge d’allusions très diverses au monde marin, tels que les baleines, les tempêtes ou encore les pirates, mais que les termes « mer » et « océan » apparaissent également plus d’une centaine de fois dans ses pièces et sa poésie. Même si la mer ne pouvait pas être figurée sur une scène de théâtre élisabéthaine, cet élément naturel façonne les intrigues, les personnages, voire l’espace scénique de nombreuses pièces de théâtre de la Renaissance anglaise. En outre, même si le genre pictural de la Marine prend véritablement son essor à partir du 17ième siècle en Hollande, de nombreux tableaux de l’époque élisabéthaine représentent la mer en arrière-plan de portraits de la reine (par exemple, The Armada Portrait, 1588) ou comme personnage central dans The Allegorical Portrait of Sir John Luttrell de Hans Eworth (1591).
===Ce séminaire propose de réfléchir à la théâtralisation et à la théâtralité de la mer dans la littérature de la première modernité (théâtre, poésie, prose…) ainsi que dans la culture visuelle (peinture et sculpture, emblèmes, gravures, tapisseries, cartes…). Comment les mots et les images peuvent-ils mettre en scène un élément naturel qui ne peut être matérialisé sur scène ou sur une page ? On pourra évoquer la figure de l’ekphrasis, déjà étudiée dans la description imaginaire des falaises de Douvres dans King Lear ou dans le portrait des océans déchaînés dans The Tempest. D’autres techniques littéraires et/ou picturales mériteraient d’être explorées, en particulier celles liées à la théâtralisation (les objets, le décor, la position des personnages, l’espace…). Le défi littéraire et visuel est de taille : comment mettre en scène un élément naturel informe, indéfinissable et changeant à une époque de conquêtes maritimes ?

 

“Pageants of the Sea” (Merchant of Venice, I.1.10): Envisioning the Sea in Early Modern English Stage/Page and Visual Arts

Chair : Armelle Sabatier (Université Paris Panthéon Assas, France)


===In his 1964 monograph, Shakespeare and the Sea, Alec Falconer explored the rich maritime vocabulary and knowledge of the sea at work in Shakespeare’s drama. Not only are his works replete with diverse references to maritime elements such as whales, tempests or even pirates, but the terms “sea” and “ocean” also occur more than a hundred times in his poetry and drama. Although the sea could be hardly visualised on the Elizabethan stage, the variety of meanings and the central role played by this natural element in early modern drama and the stage shape and re-shape plots, characters and the theatrical space. Likewise, although the pictorial genre of marine art soared in 17th century Dutch art, many Elizabethan paintings featured sea either in the background to celebrate sea battles such as in The Armada Portrait (1588) or as the main element of the picture as in The Allegorical Portrait of Sir John Luttrell by Hans Eworth (1591).
===This seminar aims at exploring the theatricality and spectacle of the sea in Elizabethan and Jacobean literature (drama, poetry or/and prose) and/or visual arts (painting and sculpture, emblems and engravings, tapestries, maps….). This seminar will raise issues related to the complex relation between word and image to depict a natural element that cannot be shown directly on stage or on page. Although the literary trope of ekphrasis has already been studied, especially in King Lear’s imaginary description of the Dover cliffs or the description of the tempest in The Tempest, other theatrical and pictorial devices are nearly left unchartered (such as objects, scenery, theatrical space…). Hence, this seminar seeks papers highlighting literary and/or pictorial strategies to verbalize and visualise this shapeless, ever-changing and indefinable natural element in the English Renaissance, an era of sea conquest and battles.

Ateliers Jeunes Chercheurs – Jeudi, 9 juillet

Ateliers Jeunes Chercheurs

Ces Ateliers Jeunes Chercheurs offrent une tribune à des chercheurs encore en formation ou moins expérimentés

Prière de

-formuler de manière explicite en quoi les rapports entre image & texte sont abordés dans votre proposition
-indiquer un des champs de recherche mentionnés (A,B,C,…) où pourrait s’inscrire votre proposition

These Young Scholar Panels aim to be a platform for young or less experienced researchers

Please:

-note that the word & image interaction should be explicit in your proposal
-indicate one of the above-mentioned disciplinary fields (A,B,C,…) where your proposal would fit in

Migration / Géographie / Tourisme – Vendredi, 10 juillet

Représentations verbales et visuelles de l’océan Pacifique et de ses îles

Représentations verbales et visuelles de l’océan Pacifique et de ses îles

Présidente de séance : Tatiana Smolyarova (Université de Toronto, Canada)


===Des quatre (ou cinq) parties de l’Océan Mondial, seul le Pacifique tient son nom non de sa localisation mais de son caractère et comportement – c’est-à-dire de sa propre image (comme nous le savons, Magellan lui donna le nom de Mar Pacifico en 1521, s’estimant heureux de trouver des eaux tranquilles.  L’océan le plus vaste et plus profond de tous, le Pacifique, avec ses îles innombrables, est également la plus grande source de mythes, de légendes et de croyances. Comme son titre l’indique, l’atelier proposé examinera les représentations verbales et visuelles du Pacifique et de ses îles dans Première Période Moderne, avec un focus particulier sur le 18ième siècle.
===Des comptes rendus scientifiques et des mémoires personnels de navigation sur le Pacifique nous fournissent une large palette de formes possible de coexistence entre mots et images : des cartes et tableaux avec leurs cartouches allégoriques, vignettes narratives et légendes explicatives ; des illustrations d’Histoire Naturelle et des paysages peints ; des emblèmes et symboles, ekphraseis et programmes verbaux, etc. L’exploration européenne du Pacifique Sud et ses représentations – tout d’abord, les trois voyages de James Cook et les peintures de John Webber – ont été examinées en détail (depuis l’étude révolutionnaire de Bernard Smith, European vision and the South Pacific, 1768-1850 (1960) – jusqu’au récent Cook and the Pacific (2018), un catalogue raisonné d’une exposition homonyme à la Bibliothèque Nationale d’Australie). Nous connaissons moins de la Route Maritime Nordique, son histoire, sa mythologie, et le rôle qu’elle a joué dans l’émergence de l’identité nationale russe au 18ième siècle.
===Remontant à la même époque, les récits des deux expéditions à la Kamchatka de Vitus Bering, et notamment le journal de bord de son secrétaire George Wilhelm Steller, qui participa à la seconde, contiennent du matériel capital sur les rôles respectifs de l’information verbale et visuelle dans la formation de l’image du Pacifique. Mikhail Lomonosov, polymathe russe et poète de cour, a décrit une des régions les plus éloignées de l’Empire russe dans une ode de 1747 : « There, sown with multitudes of islands, / The Ocean is like a River; / Decked in heavenly blue, / The raven puts the peacock to shame… » (« Là, ensemencé d’une multitude d’îles / L’Océan est comme une rivière ; / Orné de bleu céleste / Le corbeau fait honte au paon… »  (le corbeau decked in heavenly blue (orné de bleu céleste) semble faire écho à l’incroyable bleuité du Corvus Stelleri, connu sous le nom de “the Blue Jay”. Poor Steller mourut avant que l’Académie des Sciences russes n’acceptât de lui envoyer plusieurs grammes d’outremer qu’il réclama pour dépeindre sa découverte.
===Comment les explorateurs figurent-ils l’inconnu et l’impensable ? Quelles sources verbales utilisent-ils pour créer les images « manquantes » ? Comment « l’Art de la Mémoire » agit-il dans l’espace toujours changeant de la mer ? Cette question et maintes autres peuvent être traitées par les participants potentiels de l’atelier. Celui-ci se composera de deux séances : l’une consacrée à l’Océanie, l’autre se penchant sur les découvertes européennes de la côte Nord-Ouest de l’Amérique. L’atelier se situe à la croisée au moins de deux des grands axes de la conférence « cartographie scientifique ou imaginaire » et « Roman graphique et bande dessinée (un étonnant épisode de la fortune du Journal de Steller est le roman graphique, « L’île de la mémoire » (2013), par le dessinateur de bédé nord-américain Edward Bak). 

Verbal and Visual Representations of the Pacific Ocean and Its Islands

Chair: Tatiana Smolyarova (University of Toronto, Canada)


===Of all the four (or five) parts of the World Ocean only the Pacific owes its name not to its location, but to its character and behavior – i.e., to its own image (as we all know, Magellan called it Mar Pacifico in 1521, feeling lucky to find the waters peaceful). The largest and the deepest ocean of all, the Pacific, with its innumerable islands, is also the greatest source of myths, legends, and beliefs. As the title indicates, the proposed panel will examine verbal and visual representations of the Pacific and the islands in the Early Modern Period, with a special focus on the 18th century.
===Scientific accounts and personal memoirs of the navigation of the Pacific provide us with a vast array of possible forms of coexistence of Word and Image: maps and charts with their allegorical cartouches, narrative vignettes, and explanatory legends; Natural History illustrations and painted landscapes; emblems and symbols, ekphraseis and verbal programs, etc. European Exploration of the South Pacific and its representations – first and foremost, the three trips of James Cook and the paintings of John Webber – have been explored in great detail (from Bernard Smith’s groundbreaking study European vision and the South Pacific, 1768-1850 (1960) – all the way through the recent Cook and the Pacific (2018), an annotated catalogue of the homonymous exhibition at the National Library of Australia). We know less about the Northern Sea Route, its history and mythology, and the role it played in the emergence of Russian national identity in the 18th century.
===At the same time, the accounts of the two Kamchatka expeditions of Vitus Bering, and especially the journal of his Secretary George Wilhelm Steller, who participated in the second one, contain crucial materials on the respective roles of verbal and visual information in the formation of the image of the Pacific. Mikhail Lomonosov, Russian polymath and court poet, described one of the remotest regions of the Russian empire in his ode of 1747 thus: “There, sown with multitudes of islands, / The Ocean is like a River; / Decked in heavenly blue, /The raven puts the peacock to shame…” (the raven “decked in heavenly blue” seems to be echoing the incredible blueness of the “Corvus Stelleri”, otherwise known as “the Blue Jay”. Poor Steller died before Russian Academy of Sciences agreed to send him several grams of ultramarine he requested in order to depict his discovery.

===How do people figure the unknown and the unthinkable? Which verbal sources do they use to create “missing” pictures? How does the “Art of Memory” work in the ever-changing space of the sea? These, and many other questions may be addressed by the panel’s potential participants. The panel will consist of two sessions. One will be dedicated to Oceania; the other one will focus on the European discovery of the Northwest coast of America. The panel stands at the crossroads of at least two “big” themes of the conference: “Scientific or imaginary cartography” and “Graphic Novel and Comics” on the other (a curious instance of the afterlife of Steller’s Journal is a graphic novel “The Island of Memory” (2013) by the North American cartoonist Edward Bak).

La mer : périples, représentations littéraires et expressions artistiques

La mer : périples, représentations littéraires et expressions artistiques

Présidente de séance : Meryème Rami (Université Mohammed V de Rabat, Maroc)


===La terre est communément appelée la planète bleue en raison de la dominance de l’eau sur la surface du globe. Dans Méditerranée Tumultes de la houle (2000), Baltasar Porcel brosse l’histoire légendaire de cette mer comme creuset de civilisations à travers ses figures et paysages emblématiques, dans un style à la fois érudit et lyrique.
===Objet de fascination lié au voyage, à la liberté et au rêve, la mer a toujours inspiré écrivains et artistes dans différents registres : thème littéraire (Moby Dick d’Herman Melville, Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, roman adapté au cinéma), motif pictural (les marines de Turner), composition musicale (La Mer de Debussy)…
===Dans Le Cimetière des bateaux sans nom (2001), Arturo Péres-Reverte raconte le périple d’un marin qui s’engage à retrouver une épave, de sorte qu’une véritable chasse au trésor est lancée. Dans ce roman d’aventures, les descriptions du personnage et de la mer se mêlent : « quand l’eau ressemblait à un miroir, quand la paix du monde et la paix du cœur se rejoignaient, […] on n’était qu’une goutte minuscule dans trois mille ans de mer éternelle. »
===Loin du décor des croisières touristiques à bord de navires de plaisance, la mer est aussi l’espace de tous les dangers (tempêtes, naufrages…). Le phénomène de l’immigration clandestine à bord de pateras est devenu une question incontournable. Cette odyssée contemporaine tragique transforme désormais la Méditerranée en un véritable cimetière marin. En 2015, la photo tant médiatisée de la dépouille d’un enfant sur une plage turque a suscité une vive réaction mondiale. La reprise par la caricature de ce triste événement révèle que le dessin satirique peut être plus percutant que les mots pour dénoncer un aspect de la misère humaine.

The Sea: Trips, Literary Representations and Artistic Expressions

Chair: Meryème Rami (Mohammed V University of Rabat, Morocco)


===Earth is commonly called the blue planet because of the dominance of water on the surface of the globe. In Mediterranean Tumults of the swell (2000), Baltasar Porcel depicts the legendary history of this sea as a melting-pot of civilizations through its emblematic figures and landscapes, in a style that is both erudite and lyrical.
===As an object of fascination linked to travel, freedom and dream, the sea has always inspired writers and artists in different registers: literary theme (Moby Dick by Herman Melville, Twenty Thousand Leagues Under the Sea by Jules Verne, novel adapted to cinema), pictorial motif (Turner’s Marines), musical composition (The Sea by Debussy) …
===In The Cemetery of the Untitled Boats, Arturo Peres-Reverte tells the trip of a sailor who undertakes to find a wreck, a real treasure hunt is launched. In this adventures novel, the descriptions of the character and the sea are mingled: « when the water looked like a mirror, when the peace of the world and the peace of the heart came together, (…) we were only a tiny drop in three thousand years of eternal sea. « 
===Far from the scenery of tourist cruises aboard pleasure boats, the sea is also the space of all dangers (storms, shipwrecks…). The phenomenon of illegal immigration aboard pateras has become a key issue. This tragic contemporary odyssey transforms the Mediterranean Sea into a real marine cemetery. In 2015, the much-publicized picture of a child’s body on a Turkish beach sparked a strong global reaction. The caricature of this sad event reveals that satirical drawing can be more striking than words to denounce an aspect of human misery.

Récits diasporiques de frontières maritimes et de migration

Récits diasporiques de frontières maritimes et de migration

Présidente de séance: Nurgul Rodriguez (Independent artist, Calgary, Canada)


===Il est presqu’inévitable qu’une approche actuelle et responsable de l’art social et politique engendre des questions fondamentales telles que : Comment les pratiques des artistes contemporains exposent-elles et s’impliquent-elles esthétiquement dans le conflit sous-tendant la migration humaine maritime ? Comment une œuvre d’art reflète-t-elle des frontières permanentes entre nations ? En outre, comment les artistes incorporent-ils de tels messages controversés par le biais d’images et de mots dans leur pratique créative ?
===L’objectif de cet atelier est d’inviter des artistes visuels et performers qui sont eux-mêmes migrants ou membres de la diaspora et de réfléchir à leur expérience pas seulement quant à la genèse de leur œuvre mais aussi quant à la contextualisation politique. Avides de révéler le processus de fabrication et de la relier à la migration, avec tous ses enjeux, des artistes se lancent dans la prise de risque : l’engagement émotionnel (la peur) ; l’angoisse de choisir et de ne pas montrer ; l’accumulation de savoir artistique et son application dans des projets spécifiques ; et, enfin, comment tout acte créatif – grand ou petit – doit se déployer de l’ébauche à la version finale respectant les contraintes politiques qui lui sont imposées. Les participants sont invités à réfléchir à leurs expériences personnelles de mise en récit, de de recherche et d’exécution d’œuvres d’art pour mettre au jour les contraintes que les pratiques créatives contemporaines entraînent.

Diasporic Narratives on Sea Borders and Migration

Chair: Nurgul Rodriguez (Independent artist, Calgary, Canada)


===A current and responsible approach to social and political art will almost certainly generate fundamental questions such as: How can contemporary artists’ work practices aesthetically expose and engage in the conflict underlying maritime human migration? How does an artist’s work reflect permanent sea borders between nations? Moreover, how do artists incorporate such controversial messages through image and word in their creative practices?
===For this session, the intent is to invite visual and performing artists who are themselves migrants or a member of a diaspora and reflect their experience not only in the making of art but also in its political contextualization. Aiming at revealing the process of making and connecting it with migration, with all its challenges, artists engage with and explore risk-taking; fear of involvement; the anguish of choosing and rejecting; the accumulation of artistic knowledge and how it is applied in specific projects; and, finally, how every act of creativity – large or small – must evolve from draft to finished within the constraints of political boundaries. Presenters are invited to reflect on their personal experiences on narrative, research and artwork execution to establish emerging boundaries through their contemporary creative practices.

L’impact symbolique, socio-culturel, et spatial de la traversée des océans et des traversées du Web

L’impact symbolique, socio-culturel, et spatial de la traversée des océans et des traversées du Web

Présidente de séance : Isabel Marcos (Université Nouvelle de Lisbonne, Portugal)


===L’on peut distinguer quatre types de mondialisation – terrestre (terre), maritime (eau), aérienne (air) et virtuelle –, qui nous confrontent à de nouvelles façons de produire de l’espace et du temps. Chaque type de mondialisation est, d’une part, une conséquence de l’accélération de l’histoire (du temps) et, d’autre part, intrinsèquement lié à la diffusion des innovations technico-scientifiques, permettant de dépasser les éléments. Cette session, propose de sonder deux moments historiques, car ils marquent clairement les phases du développement structurel de la mondialisation :
===Le premier moment de diffusion technico-scientifique marque la transition entre mondialisation terrestre (terre) et mondialisation maritime (eau) : le 15ième siècle est riche en innovations telles que la cartographie, l’astrolabe, les connaissances mathématiques et astronomiques, etc. Ce système d’organisation et d’exploration du « territoire (sur la terre et sur les mers) » jusqu’alors inconnu permet de forger la notion de mobilisation continue dans un élément, sous-tendant la création d’imaginaires et de mythes liés à l’eau et/ou à la terre.
===Le deuxième moment de diffusion technico-scientifique marque la transition de la mondialisation aérienne (air) à la mondialisation virtuelle (liquide) et est organisé en deux phases : la première s’étend du 19ième siècle au début du 20ième siècle, période est remplie d’innovations telles que le câble transatlantique, l’aéroplane, l’électricité, le téléphone, etc. La deuxième phase est apparue au cours des dernières décennies avec l’émergence de nouvelles technologies telles que l’Internet, le téléphone mobile, le Web, les blogs, etc. Ce système d’organisation et d’exploration de l’espace est devenu interactif, créant au cours des dernières années un transfert de la notion d’espace : l’individu est représenté non seulement dans l’espace concret du territoire, mais également dans l’espace interactif de communication vécu dans la réalité virtuelle du Web. Cet élément inconnu est le soubassement pour la création d’imaginaires et de mythes liés l’imaginaire de l’eau : les pirates, naviguer, surfer du web, etc.
===Cette session vise à mettre en parallèle deux moments historiques structurellement analogues, (a) du 15ième au 16ième siècle et (b) du 20ième au 21ième siècle, avançant l’hypothèse que ces deux périodes ont la structure organisationnelle suivante :

1. diffusion de multiples innovations techniques et scientifiques
2. création de nouvelles infrastructures
3. mécanisme de spatialisation
4. constitution d’un autre rapport à l’espace et au temps
5. création d’imaginaires et de mythes liés à l’eau

Cette session vise à interroger les conséquences symboliques, socio-culturelles, et spatiales de ces nouveaux paradigmes spatiaux issus du temps des voyages transatlantiques et d’un temps instantané.

Symbolic, Sociocultural and Spatial Impact of the Ocean Crossing and of the Net Navigation

Chair: Isabel Marcos (Universidade Nova de Lisboa, Portugal)


===Four types of globalisation can be distinguished – terrestrial (land), maritime (water), aerial (air) and virtual –, which confront us to new ways of producing space and time. Each type of globalization is, at the one hand, a consequence of the acceleration of history (time) and, on the other hand, intrinsically linked to the dissemination of techno-scientific innovations, allowing to surpass the elements. This session aims at scrutinizing two historical moments, which clearly mark the phases of a structural development of globalisation.
===The first moment of techno-scientific dissemination shows the transition between terrestrial (land) and maritime (water) related globalization: the 15th century is rich in innovations such as cartography, astrolabe, mathematical and astronomic knowledge, etc.  This system of organisation and exploration of “territory (on land and over sea)” until then unknown allows forging the notion of continuous mobilisation in a new element underpinning the creation of imaginaries and myths linked to the sea and/or the land.

===The second moment of techno-scientific dissemination shows the transition of the aerial globalisation (air) to the virtual globalisation (liquidity) and is organised in two phases: the first spreads from the 19th century until the beginning of the 20th century, a period full of innovations such as the transatlantic cable, the airplane, electricity, telephone, etc. The second phase appeared during the last decades with the emergence of new technologies such as Internet, mobile phone, the Web, the blogs, etc. The system of organisation and exploration of space has become interactive, creating recently a transfer of the notion of space: the subject is represented not only in the concrete space of a territory, but also in the interactive space of communication in the virtual reality of the Web. This unknown element is the base for the creation of imaginaries and myths related to the imaginary of the sea: pirates, to navigate, to surf on the web, etc.
===This session aims at putting in parallel two historical moments, which are structurally analogous, (a) from the 15th until the 16th century and (b) from the 20th until the 21st century, assuming that these two periods have following organisational structure:

1. dissemination of multiple technical and scientific innovations
2. creation of new infrastructures
3. spatialization devices
4. constitution of another relation to space and time
5. creation of imaginaries and myths related to water

This session aims at examining the symbolic, sociocultural and spatial consequences of these new spatial paradigms stemming from the time of the transatlantic journeys and from an instantaneous time.

Mare nostrum : mots et images à l'épreuve de la Méditerranée

Mare nostrum : mots et images à l’épreuve de la Méditerranée

Président de séance : Guido Furci (Durham University, UK/ Paris 3-Sorbonne Nouvelle, France)


===Comme le rappelait Merleau-Ponty (1945), « pour voir le monde et le saisir comme paradoxe, il faut rompre notre familiarité avec lui », c’est-à-dire qu’il faut être capables d’en décrire la complexité au prisme de catégories esthétiques et interprétatives autres que celles dominantes. D’une certaine manière, la crise migratoire contemporaine n’a fait que problématiser davantage ce constat bien connu qui, au cours des dernières décennies, a fait régulièrement l’objet d’analyses, non seulement philosophiques, mais aussi géopolitiques – dans l’acception la plus large du terme. En Europe, cela est particulièrement vrai dans l’espace méditerranéen : ici, la mer – traditionnellement associée au brassage des cultures, aux échanges commerciaux, à l’expérience de l’exploration et de la découverte (de l’autre et de soi ; de soi face à l’autre) – s’est progressivement transformée en table de négociations symboliques, où ce qui est en jeu est malheureusement loin d’être virtuel. Bien évidemment, un tel glissement sémantique ne s’est pas opéré de manière radicale (en tant que plateforme d’échange, la Méditerranée a toujours représenté une zone de rencontres qui pouvaient facilement se traduire en heurts). Cela étant, les équilibres de plus en plus fragiles des sociétés capitalistes avancées ont eu des conséquences évidentes sur l’évolution d’un tel phénomène, que l’art et la littérature ont thématisé à maintes reprises au tournant du 21ième siècle.
===C’est sur ses représentations en mots et en images que notre session se focalisera : il s’agira d’aborder, d’une part, des études de cas (Jason de Caires Taylor, Gianfranco Rosi, Marina Abramović), d’autre part, des stratégies d’action, susceptibles de nous faire réfléchir à notre position dans le monde, ainsi qu’à notre capacité (voire, notre volonté) de nous mettre « à la place de ».

Mare Nostrum: Word and Image and the “Mediterranean Proof”

Chair: Guido Furci (Durham University, UK/ Paris 3-Sorbonne Nouvelle, France)


===As reminded by Merleau-Ponty (1945), « as to see the world and catch it as a paradox, we have to break our familiarity with it », i.e. we must be able to describe its complexity through non-dominant aesthetic and interpretative categories. To some extent, the contemporary migration crisis further problematises this obvious statement which, through the last decades, has regularly be object of analyses, not only philosophical, but also geopolitical – in the broad sense of the word. In Europe, this is particularly true in the Mediterranean space: here, the sea – traditionally associated with the intermingling of cultures, commercial exchanges, experience of exploration and of discovering (the other and the self; the self in front of the other) – progressively transformed in a symbolic negotiation table, where what is at stake is unfortunately far from virtual. Obviously, such a semantic shift is not radical (as an exchange platform, the Mediterranean has always represented a zone of encounters which could easily become conflicts). However, the most fragile balances of advanced capitalistic societies have had evident consequences on the evolution of this phenomenon, that art and literature have often thematises at the turn of the 21th century.
===It is on its representations in word and image that our panel will focus : we invite, on the one hand, to discuss case-studies (Jason de Caires Taylor, Gianfranco Rosi, Marina Abramović), on the other hand, to envisage agency likely to make us reflect upon our position in the world, and upon our capacity (or even will) to put ourselves “in the shoes of” another.