Informations sur les sessions

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Nature / Environnement / Santé – Lundi, 6 juillet 

1. L’eau, le savoir et le pouvoir dans l’illustration scientifique et technique à l’époque de la Révolution industrielle

L’eau, le savoir et le pouvoir dans l’illustration scientifique et technique à l’époque de la Révolution industrielle

Présidentes de séance : Christina Ionescu (Université Mount Allison, Canada) & Ann Lewis (Birkbeck Université de Londres, Royaume-Uni)


===Lorsque l’homme affronte la mécanisation et la modernisation à l’époque de la Révolution industrielle (entre les années 1760 et 1840), l’eau sort de l’arrière-plan pour devenir un élément clé de l’illustration scientifique et technique. Des inventions technologiques qui font appel à l’usage de l’eau, à l’instar des machines à vapeur stationnaires et du métier à filer, sont bien exposées et expliquées méticuleusement dans les encyclopédies, dans les magazines et dans les traités spécialisés. Par le biais de l’observation empirique, les scientifiques professionnels tout comme les amateurs prêtent attention aux phénomènes naturels tels que les geysers, les chutes d’eau, les stalagmites et les stalactites, en documentant souvent leurs découvertes non seulement par des moyens textuels conventionnels mais aussi par des voies picturales inventives. À une époque où le manque d’eau entraîne la propagation de la mort et la transmission des maladies dans des villes surpeuplées comme la Londres de Hogarth, le bain dans les piscines thermales ou le contact avec l’eau de mer, vivement recommandés dans les ouvrages médicaux, sont perçus comme ayant une influence positive sur la santé et sur le processus de guérison. Et les estampes qui représentent le culte ancestral de l’eau, les points d’eau et les structures construites pour contenir ou manipuler la circulation de l’eau minérale prolifèrent en Europe, ce qui n’est pas surprenant.
===Cette séance vise à offrir une perspective nouvelle et vaste sur le pouvoir de l’eau par rapport au savoir, à l’innovation et à l’identité collective à l’époque de la Révolution industrielle en interrogeant les représentations parallèles et interconnectés de cet élément fondamental dans le texte et ses illustrations. Des exemples verbaux et visuels impliquant l’eau – sa matérialité, sa représentation, ses usages et sa valeur – au cours de cette période historique transformatrice peuvent être sélectionnés parmi des champs divers d’ordre scientifique et technique, y compris la pêche à la ligne, l’architecture, la botanique, l’art des jardins, la géologie, l’horticulture, l’hydraulique, l’histoire naturelle et la médecine. Les propositions qui traitent des rapports texte-image moyennant les thèmes suivants sont particulièrement bienvenues : l’architecture et l’art des jardins comme lien entre l’eau, l’espace, l’emplacement et l’identité ; les rapports, par l’intermédiaire de l’eau, entre les êtres humains et l’environnement ; et l’eau comme agent de guérison, source de vie et force de la nature.


Intervenants

Lundi – Session 1 (I) – 09:30-11:00 – MSA 3.350

1. Kevin L. Cope (Université d’État de Louisiane, États-Unis): When Watercolor Meets Waterfall – Or Geyser: Illustrating (and Occasionally Explaining) Extreme Aqueous Environments

2. Leigh G. Dillard (Université de Géorgie du Nord, États-Unis): The Contemplative Man’s Recreation: Illustrating the Human Element in The Compleat Angler

3. Laurence Roussillon-Constanty (Université de Pau et des Pays de l’Adour, France): Spas, Watering-Places and Health in the  19th Century Visual Imagination: Voyage aux Eaux des Pyrenées

Lundi – Session 1 (II) – 11:30-13:00 – MSA 3.350

1. Lauren Beck (Université Mount Allison, Canada): Water in Seals and Coats of Arms of the Industrial Age and the Politics of Identity and Place in the Americas

2. Jeanne Britton (Université de Caroline du Sud, États-Unis): Visualizing Historical Knowledge: Giovanni Piranesi’s Layered Images of Roman Aqueducts

3. Catherine J. Lewis Theobald (Université Brandeis, États-Unis): Picturing Canals, Arteries of a Changing Body Politic in 18th Century France and England

 


2. Imaginaires maritimes et régionalismes côtiers dans le texte et l’image (L’Arc Atlantique Nord)

Imaginaires maritimes et régionalismes côtiers dans le texte et l’image (L’Arc Atlantique Nord)

Présidentes de séance : Camille Manfredi (Université de Nantes, France) & Kimberley Page-Jones (Université de Bretagne Occidentale, France)


===Cet atelier s’intéressera à l’émergence d’imaginaires maritimes régionaux et au rôle que jouent ces derniers dans l’invention ou la réinvention des identités côtières régionales dans l’Arc Atlantique Nord, dans un contexte marqué par la montée des régionalismes européens. Il s’agira d’examiner les stratégies verbovisuelles d’artistes, autorités locales et activistes issus de régions maritimes telles que la Bretagne, l’Ecosse, l’Irlande, le pays de Galles, les fjords de l’Ouest de l’Islande etc. pour (se) représenter, revisiter et désidéaliser paysages côtiers et patrimoine culturel maritime au moyen de dispositifs inter- ou pluri-médiaux engageant le texte, l’image et, le cas échéant, le son. L’accent sera mis sur la façon dont ces représentations permettent aux populations locales de se valoriser en tant que communautés et de reconfigurer leur image entre tradition et innovation en conciliant les paradigmes identitaires portés d’une part par le régionalisme et de l’autre par la mondialisation.
===L’atelier accueillera des contributions portant sur le mode opératoire de dispositifs intermédiaux promotionnels et/ou artistiques (photo-textes, film-poèmes, etc.), dans le but d’identifier la façon dont le dialogue ou le trialogue entre image, texte et contexte envisage la mer non plus seulement comme une ressource, mais également comme un réservoir de pratiques et d’affirmations culturelles. Les axes suivants pourront ainsi être explorés (liste non exhaustive) :

-mer et régionalisme dans les photo-textes, film-poèmes et dispositifs promotionnels
-mer, courants, vagues et marées dans le texte-image : du sentiment d’appartenance au dialogue entre identités nationales et régionales
-ré-esthétisation des techniques de pêche traditionnelles dans le texte et l’image
-représentation des eaux régionales dans le texte et l’image : entre anthropocentrisme et écocentrisme ; nature et culture ; terre et mer, paysage et architecture ; régionalisme et mondialisation
-(se) représenter les identités côtières régionales : un enjeu politique ?
-mer, régionalisme et la réinvention d’un « présent permanent » (Hartog, 2003).


Intervenants

Lundi – Session 2 – 09:30-11:00 – MSA 3.330

1. Lindsay Blair (University of the Highlands and Islands, Royaume-Uni): The Ring Net: Angus Martin and Will Maclean

2. Gilles Chamerois (Université de Bretagne Occidentale, France): « Time to Stand and Stare »: Bill Forsyth’s Local Hero (1984)

3. Philippe Laplace (Université de Franche-Comté, France): Picturing St Kilda: Tourism and the Evolution of Visual Representation of the Archipelago from the 19th to the 21st Century

 


3. Frontières fluides : l’eau comme métaphore et matière

Frontières fluides : l’eau comme métaphore et matière

Présidente de séance : Ila Nicole Sheren (Université de Washington St. Louis, États-Unis)


===L’eau est une métaphore très répandue des frontières et, paradoxalement, à la fois de leur effacement. Pensons aux séquelles de l’ouragan Katrina de la Nouvelle-Orléans en 2005, qui a exacerbé les inégalités structurelles et les divisions urbaines plutôt que de les aplanir. Ou pensons à la question des eaux sacrées polluées telles que le Gange, la Yamuna, le Jourdain ou le Nil : conçues comme intrinsèquement pures, mais néanmoins souillés par des déchets urbains et des effluents industriels. Dans ces cas, l’eau signe en même temps une ligne de démarcation et un point de contact entre le spirituel et le profane. Dans l’art et la littérature romantique, la mer est interprétée comme une limite entre l’humain et le sublime, nature impitoyable. Or l’on voit que les océans du 21ième siècle sont colonisés par le micro-plastique, le plus banal des déchets humains. De tels exemples sont éloquents du fait que l’eau, sous forme d’océan, de rivières, de bassins hydrologiques ou autres dispositifs, est matériellement et discursivement constitué (dans les termes de Karen Barad : entrelacé).
===Cet atelier accueille des propositions de chercheurs, artistes et écrivains qui interrogent des questions ontologiques posées par l’eau comme limite, entre autres les suivantes : Les arts visuels peuvent-ils rendre compte et refaçonner ces cadres discursifs ? Comment réaliser un tableau exhaustif de la complexité de l’eau, dans les mots, dans les images, ou les deux ? Et comment l’eau nous permettrait-elle d’appréhender les effets moins tangibles de la colonialité, de l’inégalité globale ou des éco-critiques comme la « violence lente (slow violence) » de Rob Nixon ?


Intervenants

Lundi – Session 3 – 09:30-11:00 – MSA 3.010

1. Ashley Mason (Université de Newcastle, Royaume-Uni): Drip/Drip/Intercede

2. Christel Pedersen (Chercheuse indépendante et curatrice à Paris, France): Performing the Ocean: Water as Metaphor and Material

3. Chiara Xausa (Université de Bologne, Italie): The Representation of Sea-Level Rise in Keri Hulme’s Stonefish: Kinship and Mutability Between Human and the Submarine Nonhuman

 


4. L’eau vectrice d’image : dépasser l’insaisissable

 L’eau vectrice d’image : dépasser l’insaisissable

Président de séance : Mathieu Gimenez (École navale Brest-Lanvéoc, France)


===Représenter l’eau met à l’épreuve : de la vague au torrent, en passant par son rapport fractal aux côtes, plages et méandres, l’eau change d’état, de forme et de comportement. Avec elle changent les mots, les techniques et sensibilités qui la figurent. Cela entraîne une profonde modification du cadre épistémologique et un défi esthétique forçant la créativité. Ainsi, l’eau et la mer, figurées par les textes, images et cartes constituent également un formidable réflecteur de l’espace intérieur, confinant au territoire tant il est propre à chacun. Instable, inconnu ou parcouru par tous, romantique ou rassurant, source de tension comme de stase de l’image, il n’y a pas qu’une métaphore de l’eau.
===Ce questionnement interdisciplinaire vise à présenter des travaux épistémologiques de jeunes chercheurs en littérature, géographie et histoire.


Intervenants

Lundi – Session 4 – 09:30-11:00 – MSA 3.040

1. Marc Courtieu (Université de Haute-Alsace, France): De la vague

2. Rosa de Marco (Université de Liège, Belgique): La mer immobile. Une recherche sur les motifs marins dans les alba amicorum (16ème – 19ème siècles)

3. Marie Pascal (Université de Toronto, Canada): Anne Hébert et l’H2O québécois

 


5. Le septième art explore le septième continent : nouveau miroir de notre devenir

Le septième art explore le septième continent : nouveau miroir de notre devenir

Président de séance : Thierry Azzopardi (PhD Sorbonne, Metteur en scène, Nice, France)


===Le cinéma a largement exploité l’imaginaire de l’élément aquatique. Le cinéma lui-même ne tire-t-il pas son secret d’une « mécanique des fluides », un enchaînement logique ou mystique de photogrammes ? Les abysses de l’eau renvoient souvent aux mystères insondables de l’âme humaine. D’autres préfèrent croire que l’eau est un lieu encore inconnu peuplé de monstres incroyables (Le Loch Ness), de cités parfois (L’Atlantide). Si on regarde de plus près, l’eau et le cinéma entretiennent une relation étroite, comme un jeu de miroir sociétal. L’eau, nécessaire à Narcisse pour se trouver beau, renvoie souvent avec le septième art à notre inconscient collectif. En témoigne ce très bel ouvrage d’Éric Thouvenel sur Les images de l’eau dans le cinéma français des années 20. Epoque où l’imaginaire aquatique projette la fête des sens et la glorification de l’image mouvement qui en rend compte.
===
Aujourd’hui, le cinéma à travers l’eau, s’il entretient avec nous, spectateurs, un lien sacré, est le grand révélateur de nos psychoses. La peur de l’eau. La peur d’en manquer. La peur de la polluer. Ce liquide aussi important que notre sang nous pose des questions. Guillermo Del Toro, en 2017, dans « La forme de l’eau » en fait le symbole du refus de la différence. Créature sortie des eaux, elle sera condamnée parce qu’elle vient d’ailleurs. L’eau qui rapproche parfois les individus (Bain de rêve, bain de Mer) peut aussi les éloigner (Les eaux territoriales). La pauvre Bess dans « Breaking the Waves » de Lars Von Trier prend l’eau (littéralement, symboliquement) par un terrible bateau qui l’emmène au sacrifice suprême.
===Aujourd’hui le thème de l’eau est le topos de toutes nos inquiétudes. Selon Greenpeace, un million d’oiseaux et 100.000 mammifères marins meurent chaque année à cause de l’indigestion de plastique ou des produits chimiques. Le plastique fait 1,5 million de morts par an. La mer est concernée, puisque 75% des déchets marins seraient liés au plastique.L’eau est aussi le lieu de la migration avec des milliers de personnes qui se noient pour traverser la Méditerranée.
===Cette session aura donc pour vocation de lier le septième art avec ce qu’on a appelé en 1997 le 7ème continent. Une zone immense de déchets plastiques flottants, notamment de micro-plastiques invisibles à l’œil nu. Un continent qui mesure six fois la France. Ce continent nous interpelle sur les enjeux d’une relation pacifique entre l’eau et l’homme. On conservera cette nomination pour un continent symbolique qui résume toutes nos inquiétudes écologiques en relation avec l’eau.
===Nous considérons donc dans cette session les films qui développent une réflexion sur le rapport entre l’homme et l’eau dans une perspective écologique mais aussi fantasmée (films d’anticipation, utopies, dystopies).


Intervenants

Lundi- Session 5 – 11:30-13:00 – MSA 3.330

1. Charlotte Bank (Historienne de l’art et commissaire d’exposition indépendante à Berlin, Allemagne): The Sea as a Metaphor for Critique in Contemporary Middle Eastern Art

2. Francesca Gallo (Université de Rome « La Sapienza », Italie): Entre symbole et territoire : l’eau, les rivières et les mers dans l’art vidéo italien

3. Astrid Zenkert (Université de Stuttgart, Allemagne): »Ocean without a Shore »: Water as Fluid Border and Zone of Transformation in Bill Viola’s Video Installations

 


6. Représenter la fin du monde : il est temps d’ouvrir les yeux

Représenter la fin du monde : il est temps d’ouvrir les yeux

Président de séance : Stephen Burt (Université de la Nouvelle-Angleterre, États-Unis)


===Au fil des siècles, les artistes ont essayé de représenter un monde sur lequel les forces de la nature se seraient déchaînées dans toute leur fureur. Léonard de Vinci s’y est employé dans une série d’œuvres exécutées dans les dernières années de sa vie en France (vers 1517-18). De même, Albrecht Dürer a exploré des visions cataclysmiques dans sa série Apocalypse (1498) mais également dans une aquarelle énigmatique de 1525 représentant un déluge rêvé.  Cette session se propose, d’une part, de retracer l’histoire des images qui mettent en scène la fin du monde : déluges, raz de marée et autres cataclysmes ; de l’autre, elle compte faire le point sur la recherche consacrée à la figuration récente ou moins récente de catastrophes naturelles qui provoquent des altérations de notre environnement.
===Comment le désastre est-il esthétisé afin d’interpeller et non de repousser le spectateur ? Comment une mutation lente est-elle condensée dans une seule image cohérente ou dans une série d’images ? Dans l’ensemble, il nous semble que notre espèce soit incapable de se projeter dans un avenir lointain, de conceptualiser les forces à l’œuvre dans notre vie quotidienne. Nous sommes conscients des jours de grande chaleur ou du manque de précipitations sur une saison, mais nous échouons à recenser les plus petites fluctuations de températures ou de saisons qui pourraient avoir des effets dévastateurs sur nos écosystèmes.
===Les arts visuels permettent aux artistes de sonder des angoisses collectives ou individuelles à l’égard de la fin du monde. Pour nombre d’artistes contemporains, cette angoisse concerne le changement climatique.  Les artistes peuvent-ils rendre visible ce qui reste d’ordinaire inaperçu sans avoir à convoquer la complexité des sciences physiques impliquées ? La question que cette session soulève est la suivante : les productions artistiques, quel que soit le média, peuvent-elles transmettre la gravité d’un monde au bord du désastre ?


Intervenants

Lundi- Session 6 – 11:30-13:00 – MSA 3.010

1. Esther Ferrer Montoliu (Université Jean Moulin / Lyon III, France): À la frontière du visible et de l’invisible: le naufrage comme expression de l’infini marin dans la peinture du 19ème siècle

2. Pamela Krause (Université Paris Sorbonne / Paris IV, France): Ode à l’amertume du monde chez Saint-John Perse

3. Laurence Petit (Université Paul-Valéry / Montpellier III, France): From the « Shipwreck of Knowledge » to the Necessity of « Being-in-the-World »: John Banville’s Ghosts  

 


7. Figurations de l’eau. Femmes et polymorphismes aquatiques dans les arts (I)

Figurations de l’eau. Femmes et polymorphismes aquatiques dans les arts

Présidente de séance : Hélène Barthelmebs-Raguin (Université du Luxembourg, Luxembourg)


===Parmi tous les topoï rattachés traditionnellement aux femmes, l’eau fait partie des plus communs. Dès que l’on se tourne vers les archétypes symboliques, l’eau se fait non seulement nourrissante et abreuvante, mais aussi violente et mortifère, ce qui souligne son caractère féminin profondément complexe, à la fois maternel et fatal. « Elle est un élément plus féminin et plus uniforme que le feu », nous rappelle Gaston Bachelard dans L’Eau et les rêves. Essai sur l’imagination de la matière (1942). Que l’on pense au récent film de Guillermo del Toro The Shape of water (2017), au dessin animé de Hayao Miazaki Le Voyage de Chihiro (2001) ou encore au tableau de Sandro Botticelli La Naissance de Vénus (1484-1485), force est de constater la nature ambivalente de l’eau. Les sirènes, ondines, naïades et diverses nymphes qui peuplent les imaginaires de Rimbaud ou de Man Ray renversent également les critères du bien et du mal, de la force et de la faiblesse, de la séduction et de la dangerosité.

À partir d’analyses pluridisciplinaires des discours et images aquatiques féminins, cette session souhaite interroger les productions artistiques qui, s’emparant de ces figures mythologiques, (re)construisent les genres et les relations genrées. Si l’Histoire de l’art nous apprend qu’elles apparaissent sous un jour volontiers négatif, elles n’en ont pas moins fait l’objet de réappropriations poétiques, tant visuelles que scripturaires, qui visent à construire un genre féminin qui échappe aux stéréotypes et aux rôles prescrits.


Intervenants

Lundi – Session 7 (I) – 11:30-13:00 – MSA 3.040

1. Julie Leblanc (Université de Toronto, Canada): The Narrative and Iconographic Representation of the Sea in Three Renditions of Les Fous de Bassan: the Genesis of the Ghostly Female Figure (« Olivia de la Haute-Mer ») in Anne Hébert’s Novel, Unpublished Scenario and Cinematic Adaptation

2. Catriona MacLeod (Université de Chicago, États-Unis): Women Underwater in Nazi Cinema

3. Agnès Rogliano-Desideri (Université de Nice Sophia Antipolis, France): De l’île au monde : figures féminines de l’eau

Mardi – Session 7 (II) – 15:00-16:30 – MSA 3.040

1. Timothy Erwin (Université du Nevada à Las Vegas, États-Unis): Jane Austen’s Oceans

2. Béatrice Laurent (Université Bordeaux Montaigne / Bordeaux III, France): The Woman-in-a-shell Motif in 19th Century Western Art

3. Carine Roudière-Sébastien (Université Toulouse Jean Jaurès / Toulouse II, France): L’eau, l’air, la terre : trois éléments pour une « fille de feu » – Mélusine dans les œuvres de deux auteurs-médecins-alchimistes du 16ème siècle, Rabelais et Paracelse

 


Histoire / Philosophie / Religion – Mardi, 7 juillet 

8. Au gré de l’eau : textes et images

Au gré de l’eau : textes et images

Présidente de séance : Sanda Badescu (Université de l’Île-du-Prince-Édouard, Canada)


===L’image créée par Jean de La Fontaine comparant le torrent bruyant et tempétueux à la rivière paisible nous renvoie certainement aux subtilités observables du caractère humain : l’apparence s’oppose ou même nie l’essence comme semble bien nous le suggérer le fabuliste.  L’eau tranquille, qu’elle soit la mer calme ou le lac serein qui invite au voyage physique, imaginaire ou spirituel, devient la métaphore non seulement d’un danger réel ou virtuel qui s’opposerait au voyage – danger d’autant plus traître qu’il est invisible – mais aussi de la profondeur de l’âme humaine ou de l’inconscient dont on peut lire des signes mais qu’on ne peut jamais complètement saisir. La profondeur de l’eau inspirant la crainte est présente dans une multitude de textes et nous n’avons qu’à feuilleter l’ouvrage de Jung pour découvrir que l’eau d’un lac sombre véhicule une atmosphère angoissante (unheimich comme dirait Freud) et constitue un des symboles les plus puissants de notre imaginaire. L’imaginaire qui hante et habite cette face cachée de l’eau trouve son écho dans les toiles d’un peintre de génie, Elstir, personnage de l’œuvre de Marcel Proust, pour qui les espaces occupés par la terre et par la mer se brouillent jusqu’à l’anamorphose, laissant entrevoir la tâche, ardue et nébuleuse, de l’artiste. Partir au gré de l’eau, c’est répondre à l’invitation au voyage et voguer tant à la surface que dans les profondeurs de l’âme humaine.
===Cette session accueillera des propositions qui mettent en valeur l’image de l’eau (torrent, rivière, lac ou mer) liée au mystère et à l’inconnu humain dans des domaines aussi variés que la littérature, la philosophie, la religion, la psychologie et les arts visuels.


Intervenants

Mardi – Session 8 – 11:30-13:00 – MSA 3.350

1. Sanda Badescu (Université de l’Île-du-Prince-Édouard, Canada): Image de la mer comme mystère humain chez Proust

2. Carlo Lavoie (Université de l’Île-du-Prince-Édouard, Canada): La rivière et l’appel de la région : appartenance acadienne et poésie du Madawaska

3. Corina Sandu (King’s University College at Western University, Canada): Images de la mer dans la conscience troublée d’un opiomane amoureux

 


9. La mer dans l’hagiographie et l’iconographie des saints chrétiens

La mer dans l’hagiographie et l’iconographie des saints chrétiens

Président de séance : Massimo Leone (Université de Turin, Italie & Université de Shanghai, Chine)


===La mer comme voie de transport ou comme ressource matérielle a été et est encore centrale dans plusieurs communautés humaines et quant à leurs besoins économiques à travers les siècles et les âges. Il n’est pas surprenant, dès lors, que tant de miracles et mystères de saints chrétiens soient liés à la mer, aient lieu en mer, et souvent transforment la mer en un pieux allié de l’activité sainte. Depuis Pierre Nolasque qui utilisa son manteau pour croiser la Méditerranée jusqu’à Francois Xavier qui reçut un crucifix perdu d’un crabe sacré, les épisodes hagiographiques impliquant la présence favorable de la mer abondent. L’iconographie de ces anecdotes prodigieuses et miraculeuses est également très riche.

—-Cet atelier interrogera la relation entre textes et images dans la genèse et le développement de cette tradition spécifique de l’imagerie chrétienne.


Intervenants

Mardi – Session 9 (I) – 11:30-13:00 – MSA 3.330

1. Vincent Grégoire (Berry College Géorgie, États-Unis): Marie de l’Incarnation ou l’iceberg miraculeusement évité

2. Cécile Michaud (Université pontificale catholique du Pérou, Pérou): Entre le ciel et les eaux. La sirène dans la prédication et l’iconographie du sud andin au Vice-royaume du Pérou

3. Celia Rubina (Université pontificale catholique du Pérou, Pérou): L’univers aquatique en image et paroles: de la gravure européene à la peinture coloniale des Amériques

Mardi – Session 9 (II) – 15:00-16:30 – MSA 3.330

1. Massimo Leone (Université de Turin, Italie & Université de Shanghai, Chine): Saints and Water

2. Silvia Marin Barutcieff (Université de Bucarest, Roumanie): From the River to the Sea. Swimming against the Stream in the Alpine Iconography of Saint Christopher (1350-1530)

3. Mia Nakayama (Université de Heidelberg, Allemagne & Université « Ca’ Foscari » de Venise, Italie): Reimagining Santa Maria Della Strada through Kannon: Resonances of Buddhist Patroness of the Sea in Japan’s Christian Imagery

 


10. L’imaginaire biblique ou mythique de l’eau et de la mer

L’imaginaire biblique ou mythique de l’eau et de la mer

Président de séance : Daniel Laliberté (Luxembourg School of Religion & Society, Luxembourg)


===Depuis les récits cosmologiques juifs, où la création divine vient au jour par la séparation des eaux, jusqu’aux récits de l’Apocalypse, où l’Arbre de vie est enserré entre les deux bras du grand fleuve… Depuis les rituels d’ablution les plus anciens jusqu’au baptême de conversion opéré par Jean dans le Jourdain… Depuis la source sacrée du Zamzam à La Mecque jusqu’au vénéré Gange des hindous… « Toujours et partout », l’eau apparaît comme l’un des symboles religieux les plus universellement répandus. À cela, rien de surprenant, quand on considère le caractère absolument essentiel de cet élément pour toute forme de vie et, en conséquence, le potentiel de symbolisation dont elle est porteuse.
===Eaux de la vie, eaux de la mort, eaux du passage. Un colloque portant sur « l’eau et la mer dans les textes et les images » devait proposer un volet portant sur L’imaginaire biblique ou mythique de l’eau et de la mer.
L’atelier pourrait explorer les aspects suivants (propositions non exhaustives) :

-développer une dimension historique et philosophique sur l’universalité de cette matière symbolique ;
-explorer le déploiement de la symbolique de l’eau dans certains grands textes sacrés ;
-partir de cette symbolique universelle pour s’interroger sur les conséquences de la modernité et de la sécularisation sur le recours au langage symbolique, notamment quand les codes sous-jacents à ce langage sont devenus évanescents ;
-prendre en compte les conséquences de cette « symbolique de l’eau » sur quelques enjeux éthiques majeurs liés à la gestion de cet élément (droit universel à l’eau, réchauffements climatiques, etc.).


Intervenants

Mardi – Session 10 (I) – 11:30-13:00 – MSA 3.010

1. Jacques Athanase Gilbert (Université de Nantes, France): L’immersion n’est pas une lustration – De la purification à la conversion

2. Alex Kiefer da Silva (Université Laval, Canada): Oxum femme, mère et reine: le culte de la déesse de l’eau douce, de l’amour et de l’or dans les traditions religieuses afro-brésiliennes, symbole de l’autonomisation des femmes aujourd’hui

3. Divya Kumar-Dumas (Université de Pennsylvanie, États-Unis): Shapes of Water: Confronting Sculptural Reliefs at Mamallapuram

Mardi – Session 10 (II) – 15:00-16:30 – MSA 3.010

1. Daniel Laliberté (Luxembourg School of Religion & Society, Luxembourg): « Faire parler le rite » – Tensions entre symbolisme universel, désirs de ritualité et tradition croyante particulière

2. Kathi Lentz (Luxembourg School of Religion & Society, Luxembourg): Métaphores de l’eau dans l’enseignement sapientiel de Ben Sira

3. Daphné Vignon (Université de Nantes, France): La mer dans l’imaginaire politique, ou la pensée d’une impossible frontière

 


11. Des vagues qui nous font jouir et qui nous apprennent à désirer

Des vagues qui nous font jouir et qui nous apprennent à désirer

Président de séance : Jean-Marie Weber (Université du Luxembourg, Luxembourg)


oooDepuis ses débuts, le cinéma semble l’art le plus apte à chercher, du côté de l’étrangeté, de l’indicible, de l’inconscient. C’est le « divan du pauvre », nous dit Félix Guattari. En tout cas il est subversif comme la psychanalyse. Selon Slavoj Žižekil constitue un dispositif qui nous fait jouir et un lieu pédagogique qui nous apprend à désirer.
—–Notre propos est d’examiner à travers des extraits de films comme Persona de Bergman, Breaking the Waves de Lars von Trier, Silence de Scorsese et Les Quatre Cents Coups de Truffaut, comment l’artiste nous confronte avec le réel et avec le fait qu’il n’y a plus de Grand Autre.
—–Ces scènes se jouent au bord de la mer, de l’étrangeté, finalement du traumatique. Touchés par la violence des vagues et la force du pulsionnel, nous sommes confrontés avec notre regard, notre jouissance et notre désir. C’est en tant que « parlêtre » (Lacan) et plus spécifiquement en tant qu’être pulsionnel que nous nous rencontrons à travers de telles scènes.  C’est finalement notre implication dans le film qui est questionnée dans cet atelier.


Intervenants

Mardi – Session 11 – 11:30-13:00 – MSA 3.040

1. Kathleen Maxymuk (Université Duke, États-Unis): Water: Mirror and Mediator in the Films of Jean-Luc Godard and Éric Rohmer

2. Palmireno Neto (Université d’État de Campinas, Brésil & Université Sorbonne Nouvelle / Paris III, France): In Search of the Ultimate Soul: the Sea in Mário Peixoto’s Cinema and Poetry

3. Jean-Marie Weber (Université du Luxembourg, Luxembourg): Se jeter à l’eau, même si on ne sait pas nager

 


12. Liquidité, SA. Le capitalisme précoce en haute mer vu dans les textes et images contemporaines

Liquidité, SA. Le capitalisme précoce en haute mer vu dans les textes et images contemporaines

Présidente de séance : Amanda Wasielewski (École doctorale de l’université de la ville de New York, États-Unis)


===Moby-Dick, le célèbre roman de Herman Melville d’il y a plus d’un siècle et demi, occupe toujours de nombreux artistes et écrivains. Le récit de Melville qui décrit l’orgueil et la cupidité à bord d’un navire baleinier est à la fois une métaphore puissante du moment présent et un moyen de comprendre comment nous en sommes arrivés là. Alors que les données circulent à la vitesse de la lumière autour de la planète, il semble pertinent d’analyser une époque où les capitaux coulaient sur l’eau à un rythme beaucoup plus lent mais d’une manière tout aussi impitoyable. L’ordre mondial qui hante le présent a été créé à cette époque, par la poursuite acharnée de la richesse en haute mer. C’était une époque de colonialisme, d’exploitation, d’esclavage, d’industrie et d’accélération technologique. Alors que nos échanges à haute fréquence basés sur des algorithmes dé-centrent de plus en plus le corps humain dans les régimes de finance mondiale, la période coloniale a pourtant aussi réduit le monde naturel aux indices de l’assurance et a réduit les humains à des matières premières. Fish Story d’Allan Sekula (1995) est un travail fondamental dans ce domaine. On en trouve un exemple récent dans Liquidity Inc. (2014) de Hito Steyerl, où la fluidité des marchés financiers est enchevêtrée dans la réalité corporelle. Les éléments primordiaux ne sont pas plus stables que ces flux automatisés. Un autre exemple peut être trouvé dans Return of the Obra Dinn (2018), un jeu vidéo indépendant conçu par Lucas Pope, créateur de Papers, Please (2013). Dans ce jeu, le protagoniste est un enquêteur d’assurances plutôt qu’un aventurier ou un capitaine de la marine, qui est chargé de déterminer comment un navire de la Compagnie des Indes orientales s’est retrouvé avec tous les membres de son équipage morts ou disparus. Les opérations de finance, de cupidité et d’instabilité sont placées au centre du récit.
===Cet atelier explorera l’art, la littérature et les textes récents qui ont pour thème le commerce maritime dans le passé et examinera pourquoi et comment ce thème est si pertinent pour le moment présent.


Intervenants

Mardi – Session 12 – 15:00-16:30 – MSA 3.350 

1. Holger Kuhn (Université Leuphana de Lüneburg, Allemagne): The Forgotten Space and 4 Waters: Deep Implicancy: Liquidity and Flows in Contemporary Video and Film

2. Elisabetta Rattalino (Université libre de Bolzano, Italie): Sizing the Blueness of the Italian Sea: The hydraulic practice of Pino Pascali in 32 mq di mare circa

3. Benjamin J. Young (Université d’État de New York à Purchase, États-Unis): Nomos of the Sea or Chorein of the Pirate? Maritime Space According to Sekula

 


Littérature / Mythes / Culture / Patrimoine – Mercredi, 8 juillet & Jeudi, 9 juillet 

13. La perception sensible de l’eau – la poétique du mouvement et de l’infini

La perception sensible de l’eau – la poétique du mouvement et de l’infini

Présidente de séance : Anikó Ádám (Université catholique Pázmány Péter Budapest, Hongrie)


===L’eau n’est pas qu’un des quatre éléments avec des caractéristiques physiques et chimiques, essentielle source de la vie biologique, substance stable et réactive, milieu à la fois familier et étranger à l’homme. Par sa nature mouvante, changeante, insaisissable, l’eau englobe tous les états possibles de la matière et de l’être en transition et en transformation. L’image de l’eau communément est souvent associée à l’écoulement du temps.
===Cet atelier se propose, à travers l’analyse d’exemples littéraires (Rousseau, Chateaubriand), cette fois, de réfléchir sur la nature de l’eau comme élément esthétique, au sens strict du terme, qui sépare et relie et qui rend possible de faire percevoir l’espace dans le texte. Suivre le flux et le reflux de l’eau, voir l’eau qui coule mènent à la perception sensible du mouvement ; contempler l’eau étendue donne l’illusion visuelle de l’infini extérieur et intérieur. La perception visuelle de l’eau transparente et fuyante rend perceptible, voire visible la transcendance par définition imperceptible, et engendre un langage poétique, à l’aube du romantisme, qui sera capable d’exprimer les transitions entre la matière et l’esprit, le temps et l’espace, la vie et la mort, la terre ferme et la mer mouvante, etc.
===Il s’agira de démontrer que l’analyse de l’usage poétique de l’image de l’eau, quelque peu conventionnel et stéréotypé, nous fait comprendre la transition entre deux visions spatio-temporelles, celle des Lumières et celle des Romantiques.


Intervenants

Mercredi – Session 13 (I) – 09:30-11:00 – MSA 3.350

1. Stefano Maria Casella (IULM Université de Milan, Italie): « Where All the Waters Meet »: Seas Lakes Rivers in T.S. Elliot’s Poetry

2. Ana Lía Gabrieloni (Conseil National Scientifique et de Recherche Technique d’Argentine & Université nationale de Río Negro, Argentine): The « laisse de mer » as a Poetic Emergent Image of Natural History

3. Miriam Vieira (Université Federale de São João del-Rei, Brésil): The Water Under the Bridge (Brooklyn Bridge)

Mercredi – Session 13 (II) – 11:30-13:00 – MSA 3.350

1. Anikó Ádám (Université catholique Pázmány Péter Budapest, Hongrie): La perception sensible de l’eau – la poétique du mouvement et de l’infini

2. Sophia Felopoulou (Université nationale et capodistrienne d’Athènes, Grèce): L’eau, berceuse de la paix et de la mort

3. Anikó Radvánszky (Université catholique Pázmány Péter Budapest, Hongrie): « Que fais-tu pour apaiser une mer en fureur? » Sur l’imagination de l’eau violente (Swinburne et Bachelard)

 


14. Fleuves, rivières, lacs et étangs dans l’illustration livresque, du 17ième siècle à nos jours

Fleuves, rivières, lacs et étangs dans l’illustration livresque, du 17ième siècle à nos jours

Présidents de séance : Sophie Aymes (Université de Bourgogne, France) & Nathalie Collé (Université de Lorraine, France) & Brigitte Friant-Kessler (Université Polytechnique Hauts de France, France) & Maxime Leroy (Université de Haute-Alsace, France)


===Nous invitons les participants à soumettre des propositions sur les rapports texte-image en lien avec l’illustration livresque d’œuvres documentaires, de récits fictionnels ou de textes scientifiques qui traitent des rivières, fleuves, lacs ou étangs, depuis le 17ième siècle jusqu’à nos jours. Les communications pourront s’appuyer sur des aspects techniques, éditoriaux ou sur des questions théoriques telles que l’intermédialité, dans une perspective diachronique ou synchronique. Nous serons heureux d’accueillir tout type de cadre théorique et critique. Les études pourront couvrir des genres aussi divers que le roman fantastique, réaliste, la fantasy ou le pittoresque, la poésie ainsi que des expressions graphiques comme la caricature ou la bande dessinée.
===Habiter au bord d’un cours d’eau, voyager ou encore séjourner près d’un lac ou d’un étang sont autant de sources d’inspiration dont les traces sont perceptibles dans la poésie de William Wordsworth, en passant par la récente édition illustrée de Grasmere Journal, jusque dans les images associées au célèbre roman humoristique de Jerome K Jerome, Trois hommes dans un bateau. Les cours d’eau tels que la Tamise pour Daniel Defoe ou le Mississippi pour Mark Twain ont forgé des topoï durablement ancrés dans les esprits et ont donné lieu à des scènes mémorables et des personnages emblématiques. De la ‘Dame du Lac’ des cycles arthuriens au monstre du Loch Ness, ces eaux abritent souvent des créatures mythologiques et imaginaires propres à ces récits.
===Les rivières, fleuves, lacs et étangs étant des écosystèmes à partir desquels l’imaginaire et la créativité artistique peuvent se déployer, les communications pourront s’intéresser à l’eau comme thématique picturale, mais aussi dans une dimension éco-critique. Nous invitons ainsi les participants à interroger la façon dont le rapport texte-image reflète des phénomènes sociologiques et économiques, par exemple, le thermalisme. Les représentations visuelles et récits des métiers et loisirs, ainsi que des modes de transport (barges, péniches, petites embarcations de loisirs, etc.) liés aux rivières, lacs ou sources pourront apporter un éclairage sur les relations entre l’eau et l’illustration.
===De manière générale, il sera intéressant de réfléchir à l’illustration en tant que moyen de représenter des mutations idéologiques, épistémologiques, sociologiques ou cartographiques au fil du temps, et en fonction de divers médias.En matière de parti pris techniques et esthétiques, l’eau joue également un rôle important dans l’aquarelle et le lavis afin d’obtenir des effets spécifiques (brouillage, luminosité, légèreté, éclaboussures). On pourra mettre en regard la technique, le médium et l’élément ‘eau’, notamment par le biais de notions comme la fluidité, l’hybridité et l’intermédialité, toutes animées par des dynamiques d’échanges et d’influences croisées qui sont au cœur de nos interrogations pour ce congrès AIERTI.


Intervenants

Mercredi – Session 14 – 09:30-11:00 – MSA 3.330

1. Xavier Fontaine (Université de Princeton, États-Unis): Agitation maritime et rendu kaléidoscopique. Les récits de voyage de Charles De Coster dans Le Tour du monde 

2. Jean-Michel Galland (École nationale des chartes, France): La mer démontée : un décryptage bourdieusien de l’oeuvre de Jean-Gabriel Daragnès

3. Nicolas Hebbinckuys (Université de Waterloo, Canada): Traverser l’Atlantique au début du 17ème siècle : Poétique du « franchissement transocéanique » dans le genre viatique

 


15. L’eau comme matériau et medium dans l’art contemporain

L’eau comme matériau et medium dans l’art contemporain

Présidente de séance : Carla Taban (Chercheuse indépendante à Toronto, Canada)


===Depuis l’émergence des pratiques artistiques telles que les happenings, les performances, les installations, le land art et l’art conceptuel à la fin des années 50 et 60, les artistes contemporains utilisent l’eau dans ses différents états (liquide, solide et gazeux), des plans d’eau (des rivières, des lacs, des mers ou des océans) et le cycle naturel de l’eau comme matériaux ou médiums dans leurs œuvres. Nombre de ces pratiques comprennent aussi des éléments langagiers oraux ou écrits, qui représentent parfois une dimension majeure de l’œuvre, tandis que d’autres fois ils ne se manifestent que sous la forme de son titre, mais jouent, même dans ce cas, un rôle important en signalant l’intention de l’artiste ou en dirigeant la réception de l’œuvre. L’interaction entre les composantes verbale, aquatique et, le cas échéant, les autres matériaux ou médiums utilisés soulève souvent des questions fondamentales sur la nature et le statut de l’œuvre d’art, les processus de sa production et de sa réception, les divers contextes artistiques, écologiques, sociopolitiques, économiques et institutionnels dans lesquels elle s’inscrit, tout en abordant une multitude de problématiques: la forme et l’informe, la transformation, le mouvement, le hasard, des systèmes et des structures, etc.
===Des performances d’Yves Klein, Cession d’une zone de sensibilité picturale immatérielle (1959–62), aux évènements (partitions) Fluxus, Drip Water, de George Brecht (1959–62), des œuvres de Hans Haacke qui emploient des systèmes naturels (Condensation Cube, 1963–65 ou Rhine Water Purification Plant, 1972) aux happenings d’Allan Kaprow (Fluids, 1967), des œuvres land art de Denis Oppenheim (Beebe Lake Ice Cut, 1969) et Robert Smithson (Spiral Jetty, 1970) aux projets d’empaquetage de Christo et Jeanne-Claude (Wrapped Coast, Little Bay, Australie, 1969 et Ocean Front, Newport, Rhode Island, 1974) ou à des œuvres d’art conceptuel telles que An Oak Tree (1973) de Michael Craig-Martin – l’eau ne cesse de participer au champ élargi de l’art contemporain.
===Cette session invite des communications traitant de l’eau comme matériau ou médium dans l’art contemporain, et de son interaction avec le langage verbal.


Intervenants

Mercredi – Session 15 (I) – 09:30-11:00 – MSA 3.010

1. Frances Guerin (Université du Kent, Royaume-Uni): Energy into Art: The Repurposing of Water in Ruhr Valley, Germany

2. Shao-Lan Hertel (Musée d’Art de l’Université Tsinghua Pékin, Chine): With Brush and Ink, Through Rocks and Ice: Water as Matter and Medium in Contemporary Chinese Script-Based Art

3. Janna Schoenberger (Amsterdam University College, Pays-Bas): Ger Van Elk’s Ludic Canal Cruise

Mercredi – Session 15 (II) – 11:30-13:00 – MSA 3.010

1. Bill Balaskas (Université Kingston, Royaume-Uni): A « Poor » Material: Water in arte povera and the Work of Jannis Kounellis

2. Frederico Câmara (Artiste et chercheur indépendant à Sydney, Australie): Gift: Attempts to Sweeten the Population of a City

3. Fabiana Senkpiel (Haute école des arts de Berne, Suisse): Life is a River in a Constant State of Flux: Curriculum (2004/2008) by Isabelle Krieg

 


16. Nature, culture, raison et sensibilité : l’eau dans l’illustration au 18ième siècle

Nature, culture, raison et sensibilité : l’eau dans l’illustration au 18ième siècle

Président de séance : Leigh G. Dillard (Université de Géorgie du Nord, États-Unis)


===Un certain nombre de romans à succès du 18ième siècle comprennent des épisodes clés dans lesquels l’eau – que ce soit sous forme d’océans, de mers, d’étangs, de lacs, de torrents, de sources, de ruisselets, de chutes, de puits ou de fontaines – joue un rôle symbolique déterminant. Ces représentations de l’eau expriment des passions incarnées par « la nature » ou des versions plus cultivées de cet élément dangereux. Chargées de signification et de symbolisme, ces représentations sont parfois utilisées comme l’arrière-plan ou l’espace dans lequel a lieu l’action principale, mais d’autres fois, elles sont un agent actif dans les drames humains qui se déroulent lorsque les personnages interagissent avec cet élément dans sa matérialité et cette interaction-là transforme le fil de leur vie de façon déterminante. Souvent, le résultat en est profondément émouvant – noyade, naufrage, traumatisme, inondation, etc. – et l’expérience peut être véritablement transformatrice – auto-découverte, guérison spirituelle, alimentation physique, épanouissement, etc. Qui plus est, l’eau sert de marque d’identité et de place dans les domaines fictifs. Dans les géographies littéraires, elle peut aussi déclencher des significations et des souvenirs primordiaux, encoder subrepticement des pensées libertines, ainsi que séparer et unir simultanément des peuples, des pays et des continents. Dans l’illustration littéraire du dix-huitième siècle, l’eau est omniprésente et sa représentation est dotée d’un degré de complexité qui invite à un examen plus profond dans la perspective texte-image.
===Pour cette séance, nous accueillerons des propositions qui traitent de l’illustration des scènes emblématiques provenant des romans du dix-huitième siècle afin d’éclairer l’eau en tant qu’élément narratif, thématique, esthétique et symbolique dans les textes comme dans les images. Nous nous intéressons surtout à la façon dont l’illustration interprète visuellement – et conteste subtilement – les rapports complexes entre nature et culture ou interroge la résonance affective des configurations multiples de l’eau. Les exemples peuvent être choisis parmi différents genres romanesques (le récit de voyage imaginaire, le roman sentimental, le conte libertin, le Bildungsroman, etc.) et diverses traditions artistiques ou culturelles. Les propositions qui examinent ce sujet de façon diachronique et transnationale seront particulièrement bien reçues.


Intervenants

Mercredi – Session 16 – 09:30-11:00 – MSA 3.040

1. Nathalie Collé (Université de Lorraine, France): Water, River and Sea in Illustrations of 17th and 18th Century Fictional Travel Narratives: Bunyan, Defoe and Swift

2. Ann Lewis (Birkbeck Université de Londres, Royaume-Uni): Illustrating Water in Rousseau’s Julie ou la Nouvelle Héloïse

3. Christina Ionescu (Université Mount Allison, Canada): Virginie and the Indian Ocean in Text and Image: Nature, Morality, and Death in Bernardin’s Paul et Virginie

 


17. Mers et océans dans l’illustration livresque, du 17ième siècle à nos jours

Mers et océans dans l’illustration livresque, du 17ième siècle à nos jours

Présidents de séance : Sophie Aymes (Université de Bourgogne, France) & Nathalie Collé (Université de Lorraine, France) & Brigitte Friant-Kessler (Université Polytechnique Hauts de France, France) & Maxime Leroy (Université de Haute-Alsace, France)


===Nous invitons les participants à soumettre des propositions sur les relations texte-image en lien avec l’illustration d’ouvrages documentaires, de récits fictionnels ou de textes scientifiques qui traitent de la vie près de /sur/sous la mer, depuis le 17ième siècle jusqu’à nos jours. Les communications pourront s’appuyer sur des aspects techniques, éditoriaux ou sur des questions théoriques d’intermédialité, dans une perspective diachronique ou synchronique. Nous n’excluons aucun cadre théorique et critique. Les études pourront couvrir des genres aussi divers que le roman fantastique, réaliste, la fantasy, la poésie, les récits d’aventure pour ne citer que ceux-là, ainsi que des expressions graphiques comme l’estampe, l’esquisse, la caricature ou la bande dessinée.
===À partir des premiers récits d’exploration du long 17ième siècle jusqu’aux témoignages contemporains de communautés migrantes, en passant par la littérature jeunesse, la vie en mer, les histoires de pirates, les océans et les îles ont servi de décors et de trames narratives. L’on songe, entre autres, à Daniel Defoe, Samuel Coleridge, Robert Stevenson ou encore Mervyn Peake. Les navires qui traversent mers et océans affrontent des éléments qui se déchaînent. Ainsi, tempêtes et naufrages constituent des moments-clés et des topoïspécifiques qui ont inspiré les auteurs et les artistes visuels. Mers et océans suscitent la curiosité, la fascination et la crainte, d’où la présence de créatures imaginaires et mythologiques telles que des sirènes, des pieuvres géantes ou des baleines blanches. Les communications pourront également porter sur des expéditions scientifiques en mer comme celles de Charles Darwin ou du capitaine James Cook ; ou encore sur des ouvrages d’histoire naturelle (planches zoologiques) et des journaux de bord illustrés.
===Cette session sera l’occasion d’interroger la façon dont le rapport texte-image reflète des phénomènes sociologiques et économiques, par exemple, la vie dans et autour de stations balnéaires en bord de mer. Les activités professionnelles, les loisirs, ainsi que les modes de transport issus de l’environnement marin pourront faire l’objet de communications. En fonction des divers média choisis, nous invitons à réfléchir à l’illustration en tant que moyen de représenter visuellement et textuellement des changements idéologiques, épistémologiques, sociologiques ou cartographiques au fil du temps, y compris, par exemple, la suprématie maritime, les ports, ou les conflits en mer et à cause des mers.
===En matière de parti pris technique et esthétique, l’eau joue un rôle important dans l’aquarelle et le lavis afin d’obtenir des effets spécifiques (brouillage, luminosité, légèreté, éclaboussures). On pourra mettre en regard la technique, le médium et l’élément ‘eau’, notamment par le biais de notions comme la fluidité, l’hybridité et l’intermédialité, toutes animées par des dynamiques d’échanges et d’influences croisées qui sont au cœur de nos interrogations pour ce congrès AIERTI.


Intervenants

Mercredi – Session 17 – 11:30-13:00 – MSA 3.330

1. Sophie Aymes (Université de Bourgogne, France): « A Little Deeper into the Sea »: William Hyde’s Illustrations to Ford Madox Ford’s the Cinque Ports

2. Ulrike Gehring (Université de Trèves, Allemagne): The Draughtsmen on Deck. Inventories of the Dutch Sea from 1580 Onwards

3. Monica Tilea (Université de Craiova, Roumanie): Le punctum poïétique d’une mer indéfinie

 


18. All is lost: l’imaginaire contemporain du naufrage

All is lost: l’imaginaire contemporain du naufrage

Présidents de séance : Philippe Kaenel (Université de Lausanne, Suisse) & Laurence Roussillon-Constanty (Université de Pau et des Pays de l’Adour, France)


===Les naufrages ont de longue date fait la une des médias et occupé une place majeure et significative dans l’histoire des représentations culturelles, du scandale autour de La Méduse (1816) aux drames des boat people, en passant par le Titanic, sans oublier les naufragés qui animent les grands récits de la littérature occidentale : ceux de Victor Hugo, d’Edgar Allan Poe, de Coleridge, de Mallarmé, etc. (Carl Thompson, 2014). Plus récemment, le cinéma s’est emparé du thème (All is Lost, Odyssée de Pi, déclinaisons autour de Melville…).
===Or, tant en littérature que dans les arts visuels, le naufrage pose des questions centrales sur le point de vue, le récit et les dispositifs de la représentation (Hans Blumenberg, 1997) : immersion du spectateur, espace confiné du radeau ou de canot, horizons sans fin et relief, perte des repères spatiotemporels. Le naufrage est également le lieu – ou, selon Michel Foucault, l’hétérotopie – où se jouent les limites de l’humain, tant physiques (résistance) que morales (cannibalisme), littéralement soumises à la dérive. Que donne à comprendre de notre culture la fascination médiatique, artistique et littéraire pour le naufrage ? Comment expliquer la résurgence du thème aujourd’hui ? Quelle est la part faite aux récits imaginaires et aux représentations dites « documentaires »?
===Cet atelier sera l’occasion d’effectuer un parcours à travers les médias et les genres : roman, poésie, illustration, bande dessinée, peinture, photographie, vidéo, cinéma…


Intervenants

Mercredi – Session 18 – 11:30-13:00 – MSA 3.040

1. Roy Grundmann (Université de Boston, États-Unis): Goebbels’ Ghost in History’s Anteroom: Titanic (1943)

2. Ronit Milano (Université Ben Gourion du Néguev, Israël): Visualizing the Invisible: Damien Hirst’s Treasure from the Wreck of the Unbelievable 

3. Vega Tescari (Académie d’architecture de Mendrisio, Suisse): Shipwreck with Spectator: Claudio Parmiggiani’s Oeuvre

 


19. Le Fleuve : Réalité, Mythe et Métaphore

Le Fleuve : Réalité, Mythe et Métaphore

Présidente de séance : Véronique Plesch (Colby College, États-Unis)


===Du Jourdain du Baptême du Christ, la Seine et la Tamise des Impressionnistes, le Danube, Nil, Gange et Rio de la Plata de la Fontana dei Quattro Fiumi du Bernin, les fleuves abondent en art et en littérature. Quatre fleuves du Paradis et cinq fleuves d’Hadès – fleuves de la vie et de la mort : les fleuves jouent un rôle crucial dans la mythologie et la religion. Qu’ils soient positifs ou négatifs, certains fleuves sont à la fois mythe et réalité, comme c’est le cas pour l’Achéron de l’Hadès, véritable fleuve en Grèce. La Seine, Sequana pour les Romains, était une divinité et sa source était un site d’offrandes. Au-delà de la simple question de savoir comment les fleuves – qu’ils soient réels, mythologiques, ou métaphoriques – sont représentés dans l’art et la littérature et quelles sont les nombreuses formes et fonctions qu’ils adoptent dans leurs incarnations artistiques, cette séance vise à explorer la multitude de natures et de fonctions que peuvent prendre les fleuves.
===Nous invitons des communications qui considèrent des instances dans lesquelles des fleuves jouent un rôle central dans le message de l’artiste ou même dans sa pratique, joignant observation et exécution, métaphores verbales et métaphores visuelles (en particulier dans la puissante métaphore de la source du langage), voire même dans l’analyse scientifique, avec des significations plus profondes ; représentations allant au-delà de la traduction visuelle et/ou littéraire du motif fluvial. Le fleuve peut ainsi être une métaphore mais aussi un principe d’organisation formelle, comme c’est le cas pour The River (2010) de Charles Sandison, une installation générée par ordinateur qui permet aux mots d’une multitude de langues du monde de « couler » sur la rampe du Musée du Quai Branly, réactualisant l’ancienne métaphore du fleuve de la vie.


Intervenants

Jeudi – Session 19 (II) – 11:30-13:00 – MSA 3.350

1. Kirsty Bell (Université Mount Allison, Canada): Le fleuve comme procédé littéraire et interartistique dans les essais de Louise Warren

2. Martine Créac’h (Université Vincennes–Saint-Denis / Paris VIII): « Je suis fleuve » (Franck Venaille)

3. Bocar Aly Pam (Université Assane Seck Ziguinchor, Sénégal): Poétique d’espaces charnières : le pont et les fleuve symboles de passage, de rencontre et de liaison intercommunautaires dans le roman Un pont de lumière sur le fleuve (Sada Weinde Ndiaye)

 


20. Les mers septentrionales dans les textes et les images

Les mers septentrionales dans les textes et les images

Présidents de séance : Claire McKeown (Université de Lorraine, France) & Thomas Mohnike (Université de Strasbourg, France)


===Cet atelier propose d’étudier les représentations textuelles et visuelles des mers du nord et d’explorer leur contribution à l’esthétique et aux récits identitaires de l’Europe du Nord.
===La difficulté de représenter l’eau reflète celle de caractériser les espaces nordiques, comme le suggère la confusion entre les termes « scandinave », « nordique » et « du nord ». Les pays d’Europe du Nord sont définis par un répertoire de mythèmes liés à la mer (falaises et plages, les Vikings, le commerce maritime) démontrant son importance pour l’esthétique comme pour la politique identitaire.
===Plusieurs représentations canoniques de l’Europe du Nord se concentrent sur les éléments marins. La mythologie nordique fournit des images de la mer comme force destructrice ou séductrice, chez des peintres comme Johann Heinrich Füssli, Elisabeth Jerichau-Baumann et Nils Blommér. Le groupe de Skagen représente le Danemark à travers des scènes de pêche, tandis que les paysages marins de l’Allemagne sont au cœur de la contribution de Caspar David Friedrich à la peinture romantique. Le fjord norvégien est essentiel au Festin de Babette de Karen Blixen, mais remplacé par le Jutland dans l’adaptation cinématographique. L’expédition française « La recherche » a produit des images et des textes représentant les mers du Nord de façon paradigmatique.
===Nous accueillerons tout particulièrement des propositions explorant les liens entre art et écriture, par exemple à travers les liens des peintres de Skagen avec la littérature, des auteurs impressionnistes comme Herman Bang et J.P. Jacobsen, l’expérimentation d’August Strindberg en photographie et peinture, les récits de voyage de H.C. Andersen et William Morris ou l’œuvre intermédiale de Marcel Broodthaers, A Voyage on the North Sea. Nous espérons montrer comment les définitions fluctuantes du Nord se reflètent dans l’interaction entre texte et image, notamment à travers les questions suivantes : Quelles images et mythèmes récurrents sont associés aux eaux du Nord ? Comment le traitement littéraire et artistique des mers du Nord reflète-t-il l’identité complexe de ces espaces, ou contribue-t-il à la construction de géographies imaginées ? Comment l’intermédialité établit-elle des liens et des distinctions entre ces différents espaces?


Intervenants

Jeudi – Session 20 (I) – 09:30-11:00 – MSA 3.330

1. Davide Finco (Université de Gênes, Italie): On Freedoms, Dreams, Wisdom, Life: Björn Larsson’s Northern Sea(s)

2. Thomas Mohnike (Université de Strasbourg, France): Melancholic Men Looking at the Sea: A Short Intermedial History of a Mytheme Complex Since 1800

3. Christelle Serée-Chaussinand (Université de Bourgogne, France): Of Whales and Men: Catriona O’Reilly’ Septentrional Voyage in The Sea Cabinet (2006)

Vendredi – Session 20 (II) – 09:30-11:00 – MSA 3.040

1. Anders Lojdstrom (Université de Lille, France): Le Kattegat dans les glaces : la mer dans Les écus du messire Arne de Selma Lagerlöf

2. Maria Hansson (Paris-Sorbonne Université / Paris IV, France): L’Eau et les rêves. Blommér vu par Victoria Benedictsson

3. Roger Marmus (Paris-Sorbonne Université / Paris IV, France): Till Havs ! Till Havs !” Appel du large et retour au rivage dans le manuel scolaire suédois Läsebok för folkskolan (1868) 

 


21

Présidents de séance : Sophie Aymes (Université de Bourgogne, France) & Nathalie Collé (Université de Lorraine, France) & Brigitte Friant-Kessler (Université Polytechnique Hauts de France, France) & Maxime Leroy (Université de Haute-Alsace, France)


Intervenants

Jeudi – Session 21 – 09:30-11:00 – MSA 3.010

1. Brigitte Friant-Kessler (Université Polytechnique Hauts de France, France): To Reflect, or Not to Reflect, That Is the Question: Some Thoughts on Drowned and Drawn Ophelia

2. Pouneh Mochiri (Université de Bretagne Occidentale, France): « Le dessein d’un jardin autant délectable et d’utile invention » : l’évocation des jeux d’eau dans quelques recueils descriptifs à la Renaissance

3. Gabrielle Thierry (Artiste et peintre indépendante à Paris, France): L’esthétique musicale de l’eau. Comment la synesthésie agit sur l’Ophelia de Shakespeare pour en réaliser sa partition colorée

 


22. L'eau dans tous ses états : mers, tsunamis, orages dans la culture populaire japonaise contemporaine

L’eau dans tous ses états : mers, tsunamis, orages dans la culture populaire japonaise contemporaine

Présidents de séance : Guido Furci (Université de Durham, Royaume-Uni & Université Sorbonne Nouvelle / Paris III, France) & Filippo Cervelli (Université de Durham, Royaume-Uni & Université de Kobe, Japon)


===Comme le rappelle son traducteur japonais Yotetsu Tonaki (2016), Jean-Luc Nancy considère que la catastrophe de Fukushima « ne peut se réduire ni à un dysfonctionnement technologique ni à un facteur imputable à des hommes en charge, mais révèle au fond le système d’équivalence générale qui soutient toute une civilisation [ne pouvant être expliquée à la simple lumière de] l’interdépendance techno-scientifico-industrielle [sur laquelle semble pourtant se fonder la plupart de] nos sociétés contemporaines ». Loin de paraître exotique, un tel constat fait écho à la façon dont la culture populaire japonaise sous ses différentes formes a elle-même eu tendance à thématiser les interactions hommes-machines, ainsi que les apories intrinsèques à toute notion de progrès – et ce en particulier depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Or, si l’insularité du Japon a toujours contribué à paramétrer, donc, d’une certaine manière, à caractériser davantage son univers représentationnel – jusqu’à en faire un espace-laboratoire susceptible de décrire, par métonymie, des phénomènes aussi complexes que transnationaux –, cela est d’autant plus vrai pour les mangas, les anime, les romans graphiques et les jeux-vidéos qui insistent sur l’ambivalence des éléments naturels, preuve et remise en cause de notre passage sur terre.
===Dans le cadre de cette session, nous nous attarderons en particulier sur la place accordée à l’eau : menacée ou menaçante, celle-ci est omniprésente, y compris en tant que métaphore (il suffit de penser à la « Mer de la Décomposition » dans Nausicaä de la vallée du vent, qui est en fait une plaine toxique), devenant souvent un personnage à part entière, dans les travaux d’auteurs aussi canoniques que Miyazaki, tout comme dans un nombre de plus en plus croissant de créations « mineures ».


Intervenants

Jeudi – Session 22 – 09:30-11:00 – MSA 3.040

1. Aneesh Barai & Nozomi Uematsu (Université de Birmingham & Université de Sheffield, Royaume-Uni): Tsunamis, Nuclear Power and Animations by Studio Ghibli

2. Filippo Cervelli (Université de Durham, Royaume-Uni & Université de Kobe, Japon): Sea and Knowledge: The Secret of Blue Water and Jules Verne

3. Rayna Denison (Université d’East Anglia, Royaume-Uni): From Brave Hearts to New Waves: Reimagining Disaster in Post-3/11 in Japanese Cinema

 


23. Représenter les Numen aquae dans la littérature, le folklore et la culture populaire moderne

Représenter les Numen aquae dans la littérature, le folklore et la culture populaire moderne

Président de séance : Eloy Martos Núñez (Université d´Estrémadure, Espagne)


===Cet atelier s’inspire, d’une part, de la taxonomie des motifs et des types de diverses cultures et sa traduction dans l’évolution de la prosopographie des récits mythiques sur l’eau et, d’autre part, de leur réception et de leur traduction ultérieure en récits littéraires (du Moyen Âge au La modernité) et aux récits des médias modernes (en particulier l’étude des images de créatures aquatiques dans la culture populaire moderne et ses relations avec les superhéros et les sagas).
===La pluralité étonnante de divinités de l’eau dans le folklore à travers le monde et à différentes époques (avec leurs icônes et symboles de vie ou de mort) est ce que nous essayons de convertir en modèles significatifs. À partir de cette approche interdisciplinaire, d’autres axes de recherche sont proposés, principalement en écologie, culture de l’eau et éducation et ses combinatoires.
===Nous interrogeons les changements et continuités culturels et leurs liens potentiels, depuis les récits mythiques et l’iconologie jusqu’à la cyberculture littéraire, afin d’enquêter sur divers supports tels que les sources écrites et orales, transcrites et électroniques, et de recontextualiser ces images dans le folklore aquatique (par ex. des créatures aquatiques, des génies du lieu, des esprits d’eau douce et des fées, des créatures marines et autres personnifications).


Intervenants

Jeudi – Session 23 – 11:30-13:00 – MSA 3.330

1. Hanna Chuchvaha (Université de Calgary, Canada): Sea Monsters and Popular Imagination in Russian Popular Prints and Chapbooks: Bogatyr Eruslan Lazarevich and His Adventures

2. Oksana Kazenas & Alyona Grigorieva (Université d’État du Kourgan, Russie): Les sources d’eau et leurs habitants dans les contes russes, français, anglais et allemands

3. Eloy Martos Núñes, Estíbaliz Barriga Galeano, Mar Campos Fernándes-Fígares, Aurora Martínez Ezquerro (Université d´Estrémadure, Espagne): Représenter les Numen aquae dans la littérature, le folklore et la culture populaire modern: l’etat de la question

 


24. Passages à la limite, passages à l’infini

Passages à la limite, passages à l’infini

Présidents de séance : Thomas Vercruysse (Université du Luxembourg, Luxembourg) & Ada Ackerman (Centre Nationale de la Recherche, Laboratoire THALIM, France)


===Cet atelier se propose de rendre compte de l’imaginaire aquatique et de la plasticité de l’eau dans l’œuvre d’artistes et de plasticiens qui pratiquent l’intermédialité. L’eau établirait un « commun », celui d’une « déraison graphique » (voir Anne-Marie Christin, L’œuvre écrite et la déraison graphique, 1995) et d’une « défiguration » anti-mimétique (voir Evelyne Grossman, La défiguration – Artaud, Beckett, Michaux, 2004).  La plasticité de l’eau permet d’interroger les connivences entre l’œuvre peinte et l’œuvre écrite, les passages et les débords. L’eau semble inviter à prendre ses distances avec la poétique de la représentation afin de prendre le large, celui d’une mer où s’abouchent fini et infini, afin de s’abandonner à l’incertain et de prendre congé du passé, donnant à voir et à entendre une sorte de barcarolle rythmée par les liminalités et leurs cadences binaires : vie-mort, images visuelles et cognitives, émotion lyrique et hantise métaphysique. Les artistes qui ne craignent pas de diluer leur œuvre dans et avec l’élément aquatique, peignent les étreintes et empoignades d’Eros et Thanatos, couple freudien du lien et de la dispersion, couple dont Protée constituerait un chaînon manquant et inattendu.


Intervenants

Jeudi- Session 24 – 11:30-13:00 – MSA 3.010

1. Simone Grossman (Université Bar-Ilan, Israël): En quête de sublime : les mers dans l’ œuvre d’Ivan Aïvazovsky

2. Rosa Maria Martelo 

3. Sanda Mestouri (Université de Sfax, Tunisie): L’eau chez Henri Michaux : un medium artistique

 


 

25. « Parade marine » (Le Marchand de Venise, I.1.10) : représentations de la mer dans le théâtre, la poésie et les arts visuels de la Renaissance anglaise

« Parade marine » (Le Marchand de Venise, I.1.10) : représentations de la mer dans le théâtre, la poésie et les arts visuels de la Renaissance anglaise

Présidente de séance :  Armelle Sabatier (Université Panthéon-Assas / Paris II, France)


===Dans Shakespeare and the Sea, paru en 1964, Alec Falconer démontre que non seulement l’œuvre de Shakespeare regorge d’allusions très diverses au monde marin, tels que les baleines, les tempêtes ou encore les pirates, mais que les termes « mer » et « océan » apparaissent également plus d’une centaine de fois dans ses pièces et sa poésie. Même si la mer ne pouvait pas être figurée sur une scène de théâtre élisabéthaine, cet élément naturel façonne les intrigues, les personnages, voire l’espace scénique de nombreuses pièces de théâtre de la Renaissance anglaise. En outre, même si le genre pictural de la Marine prend véritablement son essor à partir du 17ième siècle en Hollande, de nombreux tableaux de l’époque élisabéthaine représentent la mer en arrière-plan de portraits de la reine (par exemple, The Armada Portrait, 1588) ou comme personnage central dans The Allegorical Portrait of Sir John Luttrell de Hans Eworth (1591).
===Ce séminaire propose de réfléchir à la théâtralisation et à la théâtralité de la mer dans la littérature de la première modernité (théâtre, poésie, prose…) ainsi que dans la culture visuelle (peinture et sculpture, emblèmes, gravures, tapisseries, cartes…). Comment les mots et les images peuvent-ils mettre en scène un élément naturel qui ne peut être matérialisé sur scène ou sur une page ? On pourra évoquer la figure de l’ekphrasis, déjà étudiée dans la description imaginaire des falaises de Douvres dans King Lear ou dans le portrait des océans déchaînés dans The Tempest. D’autres techniques littéraires et/ou picturales mériteraient d’être explorées, en particulier celles liées à la théâtralisation (les objets, le décor, la position des personnages, l’espace…). Le défi littéraire et visuel est de taille : comment mettre en scène un élément naturel informe, indéfinissable et changeant à une époque de conquêtes maritimes ?


Intervenants

Jeudi – Session 25 – 11:30-13:00 – MSA 3.040

1. Raphaëlle Costa de Beauregard (Professeur émérite Université Toulouse Jean Jaurès / Toulouse II, France): The Storm in Shakespeare’s the Tempest: Water as Life/Death, as Promise/Threat

2. Anne-Valérie Dulac (Sorbonne Université, France): Early modern watercolours: staging a pictorial medium

3. Ladan Niayesh (Université Paris Diderot / Paris VII, France): Clothing the Sea on the Early Modern English Stage

 


Ateliers Jeunes Chercheurs – Jeudi, 9 juillet

Ateliers Jeunes Chercheurs

Atelier 1 – DIGITALE / BANDE DESSINÉES / FILM / ART – Président de séance : Gian Maria Tore (Université du Luxembourg, Luxembourg)

Jeudi – 15:00-16:45 – MAE

1. Florian Breitkopf (Université de Pennsylvanie, États-Unis) : Intermedial Approaches to Caspar David Friedrich’s The Monk by the Sea (1810): Brentano / Arnim and Schamoni

2. Dominika Bugno-Narecka (Université catholique Jean-Paul II de Lublin, Pologne) : Neobarque Image of Water in A History of the World in 10 ½ Chapters and The House that Jack Built

3. Márcia Oliveira (Université du Minho, Portugal) : Between Fact and Fantasy: Susan Hiller’s Rough Sea / Dedicated to the Unknown Artists

4. Polina Pavlikova (Université du Luxembourg, Luxembourg) : How the Film Industry Made “Water City“ a Key-Image of Joseph Brodsky’s Identity Myth: Saint-Petersburg – New York – Venice

5. David Pinho Barros (Université de Porto, Portugal & KU Leuven, Belgique) : The Swimming Pool Graphic Novel: Developments of an Intimist Subgenre in Franco-Belgian Comics

Atelier 2 – LITTÉRATURE DE VOYAGE / MIGRATION / GÉOGRAPHIE / ENVIRONNEMENT –Président de séance : Alex Demeulenaere (Université de  Trèves, Allemagne)

Jeudi – 15:00-16:45 – MAE

1. Trycia Bazinet (Université Carleton, Canada) : Affective Geographies in Abitibi and Implications for Waterworld in the Anthropocene

2. Marina Caballero & Elena Puerta Moreno (Université de Cadiz & Université de Seville, Espagne) : Les images archétypes et la métaphore de l’odeur dans LArchipel du Chien

3. Célia Jerjini (Université Grenoble Alpes, France) : La mer Méditerranée comme puissance créatrice chez Jean-Daniel Pollet

4. Nicolas Piedade (Université de Limoges, France) : Espaces anthropophages : une archéologie culturelle fluviale ? Assimilation et restitution identitaire dans Macunaíma de Mário de Andrade (1928) et Joaquim Pedro de Andrade (1969)

5. Amanda Tavares (Université de Sheffield, Royaume-Uni) : (Re-)Mapping Mediterranean Crossings: Migrant Stories and Systems of Visibility in the Work of Bouchra Khalili

Atelier 3 – POÉSIE / LITTÉRATURE – Présidente de la séance : Sylvie Freyermuth (Université du Luxembourg, Luxembourg)

Jeudi – 15:00-16:45 – MAE

1. Camille Adnot (Université Paris Diderot / Paris VII, France) : Where Monsters Wander in the Foamy Paths’: The Chaotic Waterscape of Blake’s The Four Zoas

2. Simon-Gabriel Bonnot (Poète à Metz, France) : Improvisation poétique

3. Astrid Fizyczak (Université Sorbonne Nouvelle / Paris III, France) : La mer et le dépassement du stade du miroir

4. Aurore Vincent (Université Paris Nanterre / Paris X, France) : La liberté des mers : une image polysémique

Atelier 4 – LITTÉRATURE / PHILOSOPHIE – Présidente de la séance : Tonia Raus (Université du Luxembourg, Luxembourg)

Jeudi – 15:00-16:45 – MAE

1. Margot Buvat (Université Bordeaux Montaigne / Bordeaux III, France) : L’eau, le granit et le bronze (images politiques de l’inondation chez Pouchkine et Dostoïevski)

2. Faycel Ltifi (Université de la Manouba, Tunisie) : Amour billingue, quand l’eau informe la plume

3. Diane Requena Romero (Université de Picardie Jules Verne, France) : L’étanchement de l’eau et la fin de la vie dans Les poisons morts de Boris Vian

4. Rym Sellami (Université Bordeaux Montaigne / Bordeaux III, France) : L’eau signe d’une conscience malade ou d’un processus de guérison ? Le cas de Jérôme de Jean-Pierre Martinet

5. Ágnes Tóth (Université catholique Pázmány Péter Budapest, Hongrie) : La Mer du Nord sous la plume de Maurice Carême et l’esquisse de Henri-Victor Wolvens

 


Migration / Géographie / Tourisme – Vendredi, 10 juillet

26. Représentations verbales et visuelles de l’océan Pacifique et de ses îles

Représentations verbales et visuelles de l’océan Pacifique et de ses îles

Présidente de séance : Tatiana Smoliarova (Université de Toronto, Canada)


===Des quatre (ou cinq) parties de l’Océan Mondial, seul le Pacifique tient son nom non de sa localisation mais de son caractère et comportement – c’est-à-dire de sa propre image (comme nous le savons, Magellan lui donna le nom de Mar Pacifico en 1521, s’estimant heureux de trouver des eaux tranquilles.  L’océan le plus vaste et plus profond de tous, le Pacifique, avec ses îles innombrables, est également la plus grande source de mythes, de légendes et de croyances. Comme son titre l’indique, l’atelier proposé examinera les représentations verbales et visuelles du Pacifique et de ses îles dans Première Période Moderne, avec un focus particulier sur le 18ième siècle.
===Des comptes rendus scientifiques et des mémoires personnels de navigation sur le Pacifique nous fournissent une large palette de formes possible de coexistence entre mots et images : des cartes et tableaux avec leurs cartouches allégoriques, vignettes narratives et légendes explicatives ; des illustrations d’Histoire Naturelle et des paysages peints ; des emblèmes et symboles, ekphraseis et programmes verbaux, etc. L’exploration européenne du Pacifique Sud et ses représentations – tout d’abord, les trois voyages de James Cook et les peintures de John Webber – ont été examinées en détail (depuis l’étude révolutionnaire de Bernard Smith, European vision and the South Pacific, 1768-1850 (1960) – jusqu’au récent Cook and the Pacific (2018), un catalogue raisonné d’une exposition homonyme à la Bibliothèque Nationale d’Australie). Nous connaissons moins de la Route Maritime Nordique, son histoire, sa mythologie, et le rôle qu’elle a joué dans l’émergence de l’identité nationale russe au 18ième siècle.
===Remontant à la même époque, les récits des deux expéditions à la Kamchatka de Vitus Bering, et notamment le journal de bord de son secrétaire George Wilhelm Steller, qui participa à la seconde, contiennent du matériel capital sur les rôles respectifs de l’information verbale et visuelle dans la formation de l’image du Pacifique. Mikhail Lomonosov, polymathe russe et poète de cour, a décrit une des régions les plus éloignées de l’Empire russe dans une ode de 1747 : « There, sown with multitudes of islands, / The Ocean is like a River; / Decked in heavenly blue, / The raven puts the peacock to shame… » (« Là, ensemencé d’une multitude d’îles / L’Océan est comme une rivière ; / Orné de bleu céleste / Le corbeau fait honte au paon… »  (le corbeau « decked in heavenly blue » (orné de bleu céleste) semble faire écho à l’incroyable bleuité du Corvus Stelleri, connu sous le nom de  « the Blue Jay ». Poor Steller mourut avant que l’Académie des Sciences russes n’acceptât de lui envoyer plusieurs grammes d’outremer qu’il réclama pour dépeindre sa découverte.
===Comment les explorateurs figurent-ils l’inconnu et l’impensable ? Quelles sources verbales utilisent-ils pour créer les images « manquantes » ? Comment « l’Art de la Mémoire » agit-il dans l’espace toujours changeant de la mer ? Cette question et maintes autres peuvent être traitées par les participants potentiels de l’atelier. Celui-ci se composera de deux séances : l’une consacrée à l’Océanie, l’autre se penchant sur les découvertes européennes de la côte Nord-Ouest de l’Amérique. L’atelier se situe à la croisée au moins de deux des grands axes de la conférence « cartographie scientifique ou imaginaire » et « Roman graphique et bande dessinée (un étonnant épisode de la fortune du Journal de Steller est le roman graphique, « L’île de la mémoire » (2013), par le dessinateur de bédé nord-américain Edward Bak).


Intervenants

Vendredi – Session 26 (I) – 09:30-11:00 – MSA 3.350

 1. Daniel Gane (Université de Newcastle, Royaume-Uni): Describing the Ocean and the Journals of 18th Century Pacific Exploration

2. Richard Hobbs (Université de Bristol, Royaume-Uni): Time and Place in Gauguin’s Avant et après

3. Peter Wagner (Université de Coblence-Landau, Allemagne): The South Islands and the 18th Century European Landscape Gardens

Vendredi – Session 26 (II) – 11:30-13:00 – MSA 3.350

1. T. Edward Bak (Artiste à Portland, États-Unis): A Sea of Time: Georg Steller and the North Pacific

2. Andrey Kostin (Université nationale de recherche « École des hautes études en sciences économiques », Russie): Puddle, Path and Poetry: Lomonosov’s Verbal Imagination of Transcontinental Navigation

3. Tatiana Smoliarova (Université de Toronto, Canada): Mapping the Islands, Reasoning with the Infinite: Kurils and the Sublime

 


 

27. La mer : périples, représentations littéraires et expressions artistiques

La mer : périples, représentations littéraires et expressions artistiques

Présidente de séance : Meryème Rami (Université Mohammed V de Rabat, Maroc)


===La terre est communément appelée la planète bleue en raison de la dominance de l’eau sur la surface du globe. Dans Méditerranée Tumultes de la houle (2000), Baltasar Porcel brosse l’histoire légendaire de cette mer comme creuset de civilisations à travers ses figures et paysages emblématiques, dans un style à la fois érudit et lyrique.
===Objet de fascination lié au voyage, à la liberté et au rêve, la mer a toujours inspiré écrivains et artistes dans différents registres : thème littéraire (Moby Dick d’Herman Melville, Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, roman adapté au cinéma), motif pictural (les marines de Turner), composition musicale (La Mer de Debussy)…
===Dans Le Cimetière des bateaux sans nom (2001), Arturo Péres-Reverte raconte le périple d’un marin qui s’engage à retrouver une épave, de sorte qu’une véritable chasse au trésor est lancée. Dans ce roman d’aventures, les descriptions du personnage et de la mer se mêlent : « quand l’eau ressemblait à un miroir, quand la paix du monde et la paix du cœur se rejoignaient, […] on n’était qu’une goutte minuscule dans trois mille ans de mer éternelle. »
===Loin du décor des croisières touristiques à bord de navires de plaisance, la mer est aussi l’espace de tous les dangers (tempêtes, naufrages…). Le phénomène de l’immigration clandestine à bord de pateras est devenu une question incontournable. Cette odyssée contemporaine tragique transforme désormais la Méditerranée en un véritable cimetière marin. En 2015, la photo tant médiatisée de la dépouille d’un enfant sur une plage turque a suscité une vive réaction mondiale. La reprise par la caricature de ce triste événement révèle que le dessin satirique peut être plus percutant que les mots pour dénoncer un aspect de la misère humaine.


Intervenants

Vendredi – Session 27 – 09:30-11:00 – MSA 3.330

1. Brigitte Krulic (Université Paris Nanterre / Paris X, France): De Bordeaux à Valparaiso: la traversée de l’Atlantique par Flora Tristan

2. Aurélien Lorig (Université de Lorraine, France): Octave Mirbeau : une représentation littéraire et artistique des eaux au service de l’écriture réfractaire

3. Quentin Montagne (Université Rennes II, France): Les fonds marins au prisme de l’aquarium : émergence, constitution et évolution de l’imaginaire subaquatique

 


 

28. Récits diasporiques de frontières maritimes et de migration

Récits diasporiques de frontières maritimes et de migration

Présidente de séance: Nurgul Rodriguez (Artiste indépendante de Calgary, Canada)


===Il est presqu’inévitable qu’une approche actuelle et responsable de l’art social et politique engendre des questions fondamentales telles que : Comment les pratiques des artistes contemporains exposent-elles et s’impliquent-elles esthétiquement dans le conflit sous-tendant la migration humaine maritime ? Comment une œuvre d’art reflète-t-elle des frontières permanentes entre nations ? En outre, comment les artistes incorporent-ils de tels messages controversés par le biais d’images et de mots dans leur pratique créative ?
===L’objectif de cet atelier est d’inviter des artistes visuels et performers qui sont eux-mêmes migrants ou membres de la diaspora et de réfléchir à leur expérience pas seulement quant à la genèse de leur œuvre mais aussi quant à la contextualisation politique. Avides de révéler le processus de fabrication et de la relier à la migration, avec tous ses enjeux, des artistes se lancent dans la prise de risque : l’engagement émotionnel (la peur) ; l’angoisse de choisir et de ne pas montrer ; l’accumulation de savoir artistique et son application dans des projets spécifiques ; et, enfin, comment tout acte créatif – grand ou petit – doit se déployer de l’ébauche à la version finale respectant les contraintes politiques qui lui sont imposées. Les participants sont invités à réfléchir à leurs expériences personnelles de mise en récit, de de recherche et d’exécution d’œuvres d’art pour mettre au jour les contraintes que les pratiques créatives contemporaines entraînent.


Intervenants

Vendredi – Session 28  – 09:30-11:00 – MSA 3.010

1. Kim Huynh (Université de Calgary, Canada): Elastic Memory

2. Christa-Maria Lerm Hayes (Université d’Amsterdam & École du patrimoine, de la mémoire et de la culture matérielle de l’Université d’Amsterdam, Pays-Bas): Vivisective and Forensic Mapping: Brian O’Doherty’s Northern Irish

3. Mathilde Savard-Corbeil (Université de Toronto, Canada): L’incroyable épave de Damien Hirst : fictionnalité, narrativité, matérialité

 


 

29. L’impact symbolique, socio-culturel, et spatial de la traversée des océans et des traversées du Web

L’impact symbolique, socio-culturel, et spatial de la traversée des océans et des traversées du Web

Présidente de séance : Isabel Marcos (Université Nouvelle de Lisbonne, Portugal)


===L’on peut distinguer quatre types de mondialisation – terrestre (terre), maritime (eau), aérienne (air) et virtuelle –, qui nous confrontent à de nouvelles façons de produire de l’espace et du temps. Chaque type de mondialisation est, d’une part, une conséquence de l’accélération de l’histoire (du temps) et, d’autre part, intrinsèquement lié à la diffusion des innovations technico-scientifiques, permettant de dépasser les éléments. Cette session, propose de sonder deux moments historiques, car ils marquent clairement les phases du développement structurel de la mondialisation :
===Le premier moment de diffusion technico-scientifique marque la transition entre mondialisation terrestre (terre) et mondialisation maritime (eau) : le 15ième siècle est riche en innovations telles que la cartographie, l’astrolabe, les connaissances mathématiques et astronomiques, etc. Ce système d’organisation et d’exploration du « territoire (sur la terre et sur les mers) » jusqu’alors inconnu permet de forger la notion de mobilisation continue dans un élément, sous-tendant la création d’imaginaires et de mythes liés à l’eau et/ou à la terre.
===Le deuxième moment de diffusion technico-scientifique marque la transition de la mondialisation aérienne (air) à la mondialisation virtuelle (liquide) et est organisé en deux phases : la première s’étend du 19ième siècle au début du 20ième siècle, période est remplie d’innovations telles que le câble transatlantique, l’aéroplane, l’électricité, le téléphone, etc. La deuxième phase est apparue au cours des dernières décennies avec l’émergence de nouvelles technologies telles que l’Internet, le téléphone mobile, le Web, les blogs, etc. Ce système d’organisation et d’exploration de l’espace est devenu interactif, créant au cours des dernières années un transfert de la notion d’espace : l’individu est représenté non seulement dans l’espace concret du territoire, mais également dans l’espace interactif de communication vécu dans la réalité virtuelle du Web. Cet élément inconnu est le soubassement pour la création d’imaginaires et de mythes liés l’imaginaire de l’eau : les pirates, naviguer, surfer du web, etc.
===Cette session vise à mettre en parallèle deux moments historiques structurellement analogues, (a) du 15ième au 16ième siècle et (b) du 20ième au 21ième siècle, avançant l’hypothèse que ces deux périodes ont la structure organisationnelle suivante :

1. diffusion de multiples innovations techniques et scientifiques
2. création de nouvelles infrastructures
3. mécanisme de spatialisation
4. constitution d’un autre rapport à l’espace et au temps
5. création d’imaginaires et de mythes liés à l’eau

Cette session vise à interroger les conséquences symboliques, socio-culturelles, et spatiales de ces nouveaux paradigmes spatiaux issus du temps des voyages transatlantiques et d’un temps instantané.

Intervenants

Vendredi – Session 29 – 11:30-13:00 – MSA 3.330

1. Morgan Daniels (Université du Michigan, États-Unis): Edwardian Cyberspace

2. Charles Rice-Davis (Université Victoria de Wellington, Nouvelle-Zélande): Droves: Representing Overseas Mass Migration

3. Lauren Weingarden (Université d’État de Floride, États-Unis): Hijacking the Seine: Stéphane Thidet’s Détournement (2018)

 


 

30. Mare nostrum : mots et images à l'épreuve de la Méditerranée

Mare nostrum : mots et images à l’épreuve de la Méditerranée

Président de séance : Guido Furci (Université de Durham, Royaume-Uni & Université Sorbonne Nouvelle -Paris III, France) & Anysia Troin-Guis (Université Sorbonne Nouvelle – Paris III, France)


===Comme le rappelait Merleau-Ponty (1945), « pour voir le monde et le saisir comme paradoxe, il faut rompre notre familiarité avec lui», c’est-à-dire qu’il faut être capables d’en décrire la complexité au prisme de catégories esthétiques et interprétatives autres que celles dominantes. D’une certaine manière, la crise migratoire contemporaine n’a fait que problématiser davantage ce constat bien connu qui, au cours des dernières décennies, a fait régulièrement l’objet d’analyses, non seulement philosophiques, mais aussi géopolitiques – dans l’acception la plus large du terme. En Europe, cela est particulièrement vrai dans l’espace méditerranéen : ici, la mer – traditionnellement associée au brassage des cultures, aux échanges commerciaux, à l’expérience de l’exploration et de la découverte (de l’autre et de soi ; de soi face à l’autre) – s’est progressivement transformée en table de négociations symboliques, où ce qui est en jeu est malheureusement loin d’être virtuel. Bien évidemment, un tel glissement sémantique ne s’est pas opéré de manière radicale (en tant que plateforme d’échange, la Méditerranée a toujours représenté une zone de rencontres qui pouvaient facilement se traduire en heurts). Cela étant, les équilibres de plus en plus fragiles des sociétés capitalistes avancées ont eu des conséquences évidentes sur l’évolution d’un tel phénomène, que l’art et la littérature ont thématisé à maintes reprises au tournant du 21ième siècle.
===C’est sur ses représentations en mots et en images que notre session se focalisera : il s’agira d’aborder, d’une part, des études de cas (Jason de Caires Taylor, Gianfranco Rosi, Marina Abramović), d’autre part, des stratégies d’action, susceptibles de nous faire réfléchir à notre position dans le monde, ainsi qu’à notre capacité (voire, notre volonté) de nous mettre « à la place de ».


Intervenants

Vendredi – Session 30  – 11:30-13:00 – MSA 3.010

1. Marta Carraro (Université de Montréal, Canada): À l’eau – Contestation et hybridité chez Toni Maraini

2. Albert Göschl (Université de Graz, Autriche): The Metaphor of the Shipwreck in the Fourth Mediterranean Age

3. Cecilia Piantanida (Université de Durham, Royaume-Uni): Representing Mediterranean Migration in Contemporary Italian Fiction

 


 

31. La mer: infini et limite

La mer: infini et limite

Présidente de séance : Sanda Badescu (Université de l’Île-du-Prince-Édouard, Canada)


Intervenants

Vendredi – Session 31 – 11:30-13:00 – MSA 3.040

1. Adilia Carvalho (Université du Luxembourg, Luxembourg): La ville d’Ulysse de Teolinda Gersão

2. Blanca Navarro Pardiñas (Université de Moncton, Canada): L’écriture et la mer : le cas d’Antonine Maillet

3. Luc Vigneault (Université de Moncton, Canada): La mer et l’éthique de la limite. Réflexion sur l’œuvre de Thierry Hentsch